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Père Vincent SENECHAL, MEP
« Vous ferez cela en mémoire de moi »
Quel âge as-tu ? De quel diocèse es-tu originaire ? Parle-moi de ta famille, de ta jeunesse.
Je suis né le 5 novembre 1972, à Château-du-Loir, dans le diocèse du Mans, dans une famille très unie de quatre enfants. Ma jeunesse a été marquée par le scoutisme, le sport dans des équipes locales ainsi que la paroisse. Un événement important fut la canonisation en 1984 de St Siméon Berneux, un martyr des Missions Étrangères de Paris, issu de ma ville d’origine. C’est ainsi que j’ai entendu évoquer, pour la première fois, la mission en Asie
Comment est née ta vocation ?
Lors de mon année de Terminale, au lycée, j’ai vécu une conversion assez profonde, dans le cadre d’un groupe de prière de jeunes du diocèse. On n’a jamais fini de se convertir, de revenir vers le Christ et de redécouvrir sa puissance transformante en soi et dans le monde. Je projetais alors d’entrer au monastère ! Il a ensuite fallu plusieurs années de cheminement et de discernement pour découvrir que c’était plutôt le ministère de prêtre et de missionnaire qui était ma voie.
Quelles études as-tu faites ?
Il faut distinguer deux périodes : avant et après le séminaire. Avant mon entrée au séminaire en 1997, j’ai étudié en École Supérieure de Commerce, à Brest. J’ai beaucoup aimé la vie étudiante et la Bretagne. Puis à l’issue de mes années de séminaire et après mon affectation à la mission du Cambodge, il m’a été demandé de me former en Écriture Sainte. Je termine en ce moment une thèse sur le livre du Deutéronome
Dans quel pays es-tu envoyé ? Que vas-tu faire ? Quel est ton programme pour les mois qui viennent ?
Le Cambodge ! Je vais rejoindre ma mission début novembre. La messe d’envoi sera célébrée le dimanche 4 novembre, à 10h, dans la chapelle de la rue du Bac. Une fois là-bas, il me faudra d’abord me mettre à l’étude de la langue et (re)nouer le contact avec les confrères MEP. On verra ensuite dans lequel des deux diocèses qui sont confiées aux Missions Étrangères je serai affecté. Tout dépendra alors de la mission que me confiera l’évêque de ce diocèse.
Pourquoi pars-tu alors que nous manquons de prêtres en France ?
Nous nous plaignons souvent et facilement en France ! Au Cambodge, il n’y a que cinq prêtres cambodgiens, pour un pays de douze millions d’habitants… Et les apôtres n’étaient que douze quand Jésus les a envoyé ! Non, ce qui compte avant tout, c’est de vivre la vie chrétienne de façon pragmatique avec les moyens à sa disposition, de façon fervente et agissante, que ce soit en France ou au Cambodge. L’appel du Christ ne doit pas être étouffé par la peur.
Dis-moi une phrase d’Évangile qui te parle particulièrement
Celle choisie pour mon ordination sacerdotale : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Cette phrase, je la prononce tous les jours en célébrant l’eucharistie. Elle correspond au moment où le Christ prend le pain et l’offre, s’offre à nous. Je la comprends aussi comme une invitation plus large à « faire », à agir, à se donner en mémoire du Christ.
Quel conseil as-tu envie de donner à un jeune homme qui se pose la question de devenir missionnaire et d’entrer aux Missions Étrangères de Paris ?
Viens et vois ! Sois le bienvenu ! La moisson est abondante et le service du Christ exaltant. Enracine-toi en Lui. Prends les moyens du discernement en te faisant accompagner spirituellement et/ou en vivant un temps de volontariat en Asie. Là où est ton appel, là sera ton bonheur. Sois le bienvenu !



