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« Allez, enseignez toutes les nations ! »

25 janvier 2013

Homélie prononcée par Mgr Jean-Louis PAPIN, évêque de Nancy et Toul, à la Chapelle des Missions Etrangères au cours des Vêpres du samedi 19 janvier 2013.

BREVE HOMELIE
APRES LA LECTURE DES VÊPRES
(Missions Etrangères de Paris – samedi 19 janvier 2013)


Comme nous y invite le début de la lettre de Paul aux Colossiens, nous voulons d’abord rendre grâce pour les nombreux missionnaires qui ont quitté leur pays afin de porter l’Evangile là où il n’était pas connu, tout particulièrement aujourd’hui aux confins de l’Inde et du Tibet. Alors que certains avaient essayé en vain de pénétrer au Tibet, Nicolas KRICK tenta à nouveau l’aventure, rejoint plus tard par Augustin BOURRY.

Qu’est-ce qui pouvait donc les déterminer à affronter les difficultés et les dangers inhérents à un tel projet ? Nicolas KRICK l’a écrit : ce n’est ni par contrainte de ses supérieurs ni par attrait d’un gain financier ou de toute autre gloire, mais seulement parce que, avant de les quitter, le Seigneur avait dit à ses disciples : « Allez, enseignez toutes les nations ! », leitmotiv qui revient souvent chez lui dès qu’on lui demande les raisons de sa démarche. C’est cela seulement qui l’a déterminé à quitter sa Lorraine natale pour s’aventurer au Tibet afin d’y annoncer le Christ.

Et c’est cela qui est au fondement de l’engagement des nombreux missionnaires d’hier et d’aujourd’hui. Donner sa vie pour annoncer l’Evangile ou, plutôt, annoncer l’Evangile par le don de sa vie, un don qui peut aller jusqu’à l’extrême. Il y a manifestement chez Nicolas et Augustin le désir d’imiter le Christ qui prêcha le Royaume jusqu’au don total de lui-même.

Que notre action de grâce stimule donc en chacun de nous l’ardeur missionnaire de notre baptême où que nous soyons. Car, c’est désormais une évidence, la mission n’est plus seulement au loin. Elle est partout où nous vivons, dans nos villes, nos quartiers et nos villages. S’il est un texte de Vatican II qui est d’une grande actualité pour toute l’Eglise, y compris dans les pays dits de vieille chrétienté, c’est bien Ad gentes destiné primitivement à la mission lointaine et si abondamment cité avec l’Exhortation Apostolique de Paul VI Evangelii nuntiandi dans les documents préparatoires au récent synode des évêques sur la nouvelle évangélisation.

Ce que je recueille également de l’aventure missionnaire de Nicolas KRICK et d’Augustin BOURRY, c’est la fécondité inattendue de leur engagement. D’un point de vue seulement humain, ce fut un échec puisqu’ils ne purent pénétrer durablement au Tibet ni y opérer aucune conversion, et que cela se termina par un double assassinat. Cependant, force est de constater que plus d’un siècle après leur mort il y a l’émergence et le développement inattendus d’une Eglise chrétienne dans cette région du monde où ils périrent pour le Christ. Une Eglise qui reconnaît dans leur martyr l’événement fondateur de ce qu’elle est actuellement. Mystère du grain de blé semé en terre qui doit mourir et demeurer longtemps enfoui avant de porter du fruit en abondance.

Nous qui sommes souvent impatients de recueillir les fruits de nos engagements apostoliques et qui désespérons lorsqu’ils ne sont pas rapidement au rendez-vous, apprenons de nos deux aînés la gratuité du témoignage et la remise à Dieu de la fructification de nos efforts. Ancrons-nous dans cette conviction de foi que nous avons d’abord à semer et que Dieu saura faire germer un jour le bon grain de sa Parole. Car, ainsi qu’il est écrit dans le livre d’Isaïe, la Parole de Dieu ne lui reviendra pas sans avoir accompli son œuvre. Forts de cela, nous serons à la manière de Nicolas et d’Augustin des apôtres donnés, libres, courageux et pleins d’espérance.

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