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Dimanche 3 juin : Messe d'envoi en mission en Inde du Père Yann VAGNEUX, mep

31 mai 2012

Le jour de la fête de la sainte Trinité le Père Yann VAGNEUX a été envoyé en mission. Mgr Luis LADARIA, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a donné une conférence dont nous reproduisons le texte. Il a présidé la messe de la solennité de la sainte Trinité, à la fin de laquelle a eu lieu la cérémonie de l'envoi
en mission, présidée par le Père Georges COLOMB, supérieur général des MEP.

Conférence de Mgr Luis LADARIA, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi 

La foi chrétienne dans le Dieu Un et Trine


La confession du Dieu Un et Trine est la source et le sommet de la foi chrétienne, la première vérité sur laquelle sont fondées toutes les autres vérités de notre foi. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique l’affirme :

Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Il est le mystère de Dieu en Lui-même. Il est donc la source de tous les autres mystères de la foi ; il est la lumière qui les illumine. Il est l’enseignement le plus fondamental et essentiel dans la “hiérarchie des vérités de foi”. “Toute l’histoire du salut est l’histoire de la révélation du Dieu vrai et unique, Père, Fils et Saint-Esprit – lui qui réconcilie et unit à soi les hommes se détournant du péché”.

De façon semblable, le Pape Jean-Paul II écrivait au numéro 93 de son encyclique Fides et Ratio :

L’objectif principal de la théologie consiste à présenter l’intelligence de la Révélation et le contenu de la foi. Mais c’est la contemplation du mystère même de Dieu Un et Trine qui sera le véritable centre de sa réflexion. On n’y accède qu’en réfléchissant sur le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu : il s’est fait homme et par la suite est allé au-devant de sa passion et de sa mort, mystère qui aboutira à sa résurrection glorieuse et à son ascension à la droite du Père, d’où il enverra l’Esprit de vérité pour établir et animer son Église.


Un seul Dieu. L’Ancien et le Nouveau Testaments

Le point de départ obligé pour parvenir à la confession de la foi trinitaire, centre de la foi et de la vie de l’Eglise, est la croyance de l’Ancien Testament en un Dieu unique. En laissant le problème des origines et du développement du monothéisme en Israël, nous pouvons dire que le Dieu de l’Alliance, qui a établi avec le peuple juif un pacte d’amour gratuit selon une pure Election divine, a été de plus en plus reconnu ouvertement comme le créateur de tout ce que existe et donc comme le seul Dieu de tous les hommes et de tous les peuples. Les affirmations du Deutéronome sont ici particulièrement claires : « Sache-le donc aujourd’hui et médite-le dans ton cœur : c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre, lui et nul autre » (Dt 4,39) ; « Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Dt 6,4-5 ; cf. 4,35 ; 7,9). Le Deutéro-Isaïe l’exprime d’une façon similaire : « Avant moi aucun dieu n’a été formé et après moi il n’y en aura pas. Moi, je suis le Seigneur, et en dehors de moi il n’y a pas de sauveur » (Is 43,10-11).
C’est ce Dieu unique d’Israël que Jésus lui-même confesse, confirmant ainsi la foi monothéiste du peuple de la Première Alliance (cf. Mc 12,29-30 et ses parallèles, avec la citation de Dt 6,4-5). Ceci apparaît clairement dans nombre de passages néotestamentaires (cf. Jn 5,44 ; 17,3 ; 1Co 8,6 ; 1Tm 2,5). Tel est le Dieu que Jésus révèle et nous fait connaître. Dans le Nouveau Testament, il nous est dit à plusieurs reprises que Dieu a envoyé dans le monde son Fils Jésus pour le salut de tous les hommes (cf. Mc 9,37 ; Mt 10,40 ; Lc 4,43 ; 9,48 ; Jn 3,17 ; 5,23 ; Rm 8,3 ; Ga 4,4...). Le Dieu qui a envoyé Jésus dans le monde est le même Dieu unique qu’adore le peuple d’Israël. Il est le seul Dieu que reconnaît Jésus et que ses disciples doivent adorer. Le Nouveau Testament se réfère généralement à lui quand il parle de “Dieu”. Cela est encore vrai pour l’usage que l’Eglise ancienne faisait du nom de Dieu et ceci se retrouve aujourd’hui dans notre liturgie. C’est véritablement à partir de l’envoi de Jésus dans le monde, avec sa vie concrète, ses gestes et ses paroles, que les hommes ont pu connaître d’une nouvelle manière Dieu comme Père – en premier lieu, Père de Jésus et ensuite notre Père. Cette appellation et cette notion sont fondamentales dans l’idée chrétienne de Dieu ; c’est à partir d’elles que s’est développée toute la réflexion de l’Eglise sur la Trinité et c’est sur cette paternité divine, conçue d’une façon totalement unique et sans comparaison possible, que se fonde l’originalité inouïe de la conception chrétienne de Dieu. Nous devons maintenant réfléchir à cela en partant des données du Nouveau Testament.


Le Dieu unique est le Père de Jésus

Un point essentiel est le fait que, selon les Evangiles, Jésus s’adresse toujours à Dieu en l’appelant “Père” . D’ailleurs, l’abondance des textes néotestamentaires où Dieu est désigné comme Père ou invoqué de la sorte fait contraste avec la réserve de l’Ancien Testament à parler de la paternité divine ou encore de la filiation divine des hommes . Le Christ, et lui-seul, manifeste en pleine lumière le sens de la paternité de Dieu.
La relation paterno-filiale qui unit Jésus à Dieu apparaît particulièrement claire dans l’“hymne d’exultation” – une des rares occasions, dans les Evangiles synoptiques, où Jésus s’appelle lui-même “le Fils” : « A cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : “Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler” » (Lc 10,21-22 ; cf. Mt 11,25-27). Outre son intimité avec Dieu, cette hymne manifeste la mission révélatrice de Jésus fondée sur la connaissance mutuelle du Père et du Fils (cf. Jn 10,15). Jésus est celui qui s’abandonne au dessein bienveillant du Père ; ainsi l’invocation de Dieu comme Père ne peut être séparée de l’attitude filiale du Christ qui se confie en lui en toute occasion et tout spécialement au moment de sa passion et de sa mort (cf. Mc 14,36 ; Lc 23,46) .
D’une manière singulière, l’Evangile selon saint Jean met en relief la mission révélatrice de Jésus, son obéissance à la volonté du Père et sa constante référence à lui. “Père” est la façon habituelle de désigner Dieu tandis que “Fils” est le titre que Jésus emploie pour lui-même. Le Père est celui qui a envoyé Jésus dans le monde (cf. Jn 5, 36-37 ; 8,18…), Jésus vient de lui et c’est de lui qu’il “est sorti” (cf. Jn 8,42 ; 13,3 ; 16,27-28). A travers l’envoi du Fils, le Père a manifesté son grand amour envers les hommes (cf. Jn 3,16-17 ; 1 Jn 4,7-21).
Par la venue de Jésus dans le monde, une nouvelle connaissance de l’être de Dieu s’ouvre à nous. En fait, Jésus nous fait connaître le Père (cf. Jn 1,18 ; 12,45 ; 14,8 ; 17,6.26) et il est l’unique chemin pour parvenir à lui (cf. Jn 14,6). Le Père est celui pour lequel Jésus vit et c’est à sa vie même qu’il fait participer ses disciples (Cf. Jn 5,26 ; 6,57). Jésus retourne à lui quand est accomplie l’œuvre qui lui avait été confiée (cf. Jn 13,1 ; 14,28 ; 16,17 ; 17,4-5 ; 20,17). Le Père aime Jésus et celui-ci correspond totalement à son amour (cf. Jn 3,35 ; 5,20 ; 14,31 ; 15,9). Ressuscité et monté aux cieux, Jésus intercède pour nous auprès du Père (cf. Jn 14,13.16 ; 16,23-26). Jésus se réfère constamment au Père et aucun aspect de sa vie et de son œuvre ne peuvent s’expliquer sans lui. Par ailleurs, l’intimité et la communion entre eux deux atteignent un degré qui dépasse toute possibilité de compréhension humaine : « Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10,30) ; « tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17,10; cf. 16,15) ; « Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jn 14,11 ; cf. 10,38 ; 17,21.23).
Pour Paul aussi, la personne du Père est fondamentale. De lui provient l’initiative de la création qui trouve son accomplissement dans le Fils (cf. 1Co 8,6 ; cf. Col 1,15-16 ; He 1,2-3). Du Père provient encore l’initiative de l’envoi de Jésus dans le monde et aussi celle de son dernier avènement (cf. 1Tm 6,14-16). De plus, Paul relie la paternité de Dieu à la résurrection de Jésus d’entre les morts (cf. 2Co 1,3 ; Ep 1,17 ; Ph 2,12). Ainsi, le titre de Père de Jésus est à jamais inscrit dans la confession chrétienne de Dieu. Notre profession de foi proclame en effet un seul Dieu et Père tout-puissant. Enfin, à la fin des temps, quand tout lui aura été soumis, Jésus remettra la royauté à Dieu le Père ; alors Jésus se soumettra au Père pour que Dieu soit tout en tous (cf. 1Co 15,24-28).
Dans toute la vie de Jésus, et en particulier dans sa mort et sa résurrection, Dieu se révèle comme Père. Corrélativement, Jésus apparaît comme le Fils (de Dieu). Ce titre s’est imposé très vite comme celui qui, de manière la plus complète et la plus adaptée, dévoile l’identité de Jésus car, plus que tout autre, il montre son rapport unique avec Dieu le Père. Dans les Evangiles synoptiques, ce titre de Fils n’apparaît pas souvent dans la bouche de Jésus (cf. Mt 11,25-27 ; Lc 10,21-22 ; Mc 13,32par) mais d’autres y recourent à son égard. Par exemple, l’appellation du Fils est particulièrement significative dans la voix qui retentit au baptême dans le Jourdain et à la Transfiguration (cf. Mc 1,11par ; 9.7par). Elle apparaît encore dans la profession de foi de Pierre en Mt 16,15 (cf. aussi Mc 1,1 ; Lc 1,35 ; Mt 4,3.6=Lc 4,3.9 ; Mc 15,39=Mt 27,54). Saint Paul l’utilisait dès ses premières épîtres (cf. 1Th 1,10 ; Rm 1,3.4.9 ; 1Co 1,9 ; 15,28 ; Ga 1,15-16 ; 2Co 1,19 ; 4,4.6…), même s’il appelait plus fréquemment Jésus “Seigneur”. Nous avons déjà souligné que, dans les écrits johanniques, “Fils” est le terme habituel pour se référer à Jésus. Sa condition filiale est absolument unique. Il est en cela le Fils unique – l’unique engendré (Jn 14,18 ; 3,16.18 ; 1Jn 4,9) et ceci a pour visée, selon la première finale du quatrième Evangile, de susciter la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu (cf. Jn 20,31).
Cette filiation divine de Jésus – absolument unique comme nous l’avons dit – est néanmoins communiquée par grâce aux croyants. Selon Ga 4,4-6, l’envoi de Jésus dans le monde a pour finalité que les hommes reçoivent l’adoption filiale. Le Père de Jésus a comme dessein de devenir aussi notre Père. Jésus introduit les disciples dans sa relation avec le Père quand il leur enseigne à se tourner vers Dieu en l’invoquant “notre Père” (cf. Mt 6,9=Lc 11,2) – c’est pourquoi le Notre Père est devenu la prière chrétienne par excellence. Comme la filiation divine de Jésus se reflète dans toute sa vie, ainsi la paternité divine doit avoir pour ses disciples des conséquences pratiques : concrètement, l’amour envers tous les hommes sans distinction, à l’instar du Père miséricordieux qui fait lever le soleil et tomber la pluie sur les bons et sur les méchants (cf. Mt 5,45-48 ; Lc 6,35-36). Selon saint Paul encore, l’Esprit Saint est celui qui relie la filiation divine de Jésus à notre propre filiation divine car c’est l’Esprit du Fils qui crie en nous “Abba, Père” (Ga 4,6 ; cf. Rm 8,15). Saint Jean, quant à lui, insiste sur la nouvelle naissance et l’engendrement divin de ceux qui croient en Jésus (cf. Jn 1,12-13 ; 1Jn 2,29 ; 3,9 ; 4,7 ; 5,14.18). Cette filiation, déjà réalisée en la vie présente, se manifestera en plénitude dans la consommation des temps (cf. 1Jn. 3,1-2). Enfin, si les textes néotestamentaires parlant de la paternité divine se réfèrent explicitement à ceux qui croient en Jésus et à leurs disciples, en d’autres occasions, ils nous ouvrent à la dimension universelle de cette paternité : Dieu est le “Père de tous” (Ep 4, 6), de lui provient toute paternité (cf. Ep 3,14), à lui seul revient en propre le nom de Père (cf. Mt 23, 9).


L’Esprit du Père et du Fils

Néanmoins, il ne suffit pas de parler seulement de la relation paterno-filiale entre Dieu et Jésus pour saisir tout le mystère de Dieu tel que le Nouveau Testament nous le présente. Dans cette relation, l’Esprit Saint est présent à divers moments fondamentaux de la vie du Christ. Il est d’abord celui qui opère la conception virginale de Jésus, le Fils de Dieu (cf. Lc 1,35 ; Mt 1,18.20). Les Evangiles lui donnent ensuite un rôle capital au moment du baptême de Jésus dans le Jourdain. Selon Matthieu, Marc et Luc, la voix venue du ciel et proclamant que Jésus est le Fils, accompagne la descente de l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe (cf. Mc 1,9-11par) et sans aucun doute, il y a un lien entre les deux aspects de cet événement. Quant à saint Jean, la descente de l’Esprit demeurant sur Jésus atteste qu’il est le Fils de Dieu (cf. Jn 1,32-34). A partir de ce moment précis, Jésus commence sa vie publique, annonçant la venue du Règne de Dieu et confirmant avec des signes et des prodiges que celui-ci a fait irruption parmi les hommes. Avec une claire référence au moment du baptême dans le Jourdain, les écrits lucaniens parlent de l’onction de Jésus par l’Esprit. En Lc 4,18-19, Jésus s’applique à lui-même les paroles d’Isaïe (Is 61,1-2) : « L’esprit du Seigneur est sur moi car le Seigneur m’a consacré par l’onction » et en Ac 10, 37-38, nous lisons : « Vous savez ce qui s’est passé dans toute la Judée : Jésus de Nazareth, ses débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean ; comment Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable ; car Dieu était avec lui ». Nous trouvons ainsi une effusion de l’Esprit sur Jésus qui se distingue de celle qui eut lieu au moment de l’Incarnation . A partir de son baptême, l’Esprit accompagne Jésus dans toute sa mission : l’Esprit le conduit au désert pour être tenté (cf. Mc 1,12par) ; dans la puissance de l’Esprit, Jésus revient en Galilée (cf. Lc 4,14) ; en vertu de l’Esprit de Dieu, il chasse les démons (cf. Mt 12,28 ; Lc 11,20 ; Mc 3,22.28-30) et Jésus exulte dans l’Esprit Saint (cf. Lc 10,21). Ainsi l’œuvre de l’Esprit n’est pas anodine car elle permet à Jésus de mener sa vie filiale dans l’accomplissement de la mission que le Père lui a donnée. Basile de Césarée a résumé ainsi les différentes mentions du Nouveau Testament sur la présence de l’Esprit Saint dans la vie du Sauveur :

Quant à l’économie du salut établie pour l’homme […], qui donc en refuserait la pleine réalisation à la grâce de l’Esprit ? Que l’on considère […] les dispositions relatives à la venue du Seigneur dans la chair, tout fut réalisé par l’Esprit. D’abord, il fut avec la chair du Seigneur, puisqu’il s’en fit l’onction et qu’il en était inséparable, selon ce qui est écrit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et se poser, c’est mon Fils bien-aimé” (Jn 1,33 ; Lc 3,22), et : “Jésus de Nazareth, que Dieu a oint de l’Esprit-Saint” (Ac 10,38). Ensuite, toute l’activité du Christ se déroula avec l’assistance de l’Esprit.


Trinité et Mystère pascal

Si toute la vie de Jésus révèle le mystère du Dieu Un et Trine, cette révélation trouve son sommet dans sa mort et sa résurrection. Ici culmine l’œuvre du salut dans le moment de la plus grande manifestation de l’amour de Dieu pour nous et aussi de la plus grande manifestation de Dieu tel qu’en lui-même. La mission de Jésus dans le monde et, tout particulièrement sa mort pour le rachat de nos péchés, est l’événement même qui nous permet d’affirmer que « Dieu est amour » (cf. 1Jn 4,8-11.16-18). Ici se déploie jusqu’à l’extrême l’amour de Jésus pour nous – amour qui est le reflet même de l’amour du Père (cf. Jn 13,1 ; Ga 2,20…) et aussi l’expression de l’amour intradivin car le don que le Père fait de sa divinité au Fils est en étroite correspondance avec le don que Jésus fait de lui-même à la croix . Dans l’obéissance au Père jusqu’à la mort (cf. Ph 2,8), Jésus fait l’expérience de l’angoisse face au sort qui lui est réservé mais, en même temps, il accueille la volonté du Père (cf. Mc 14,36par) et s’abandonne dans la confiance en ses mains (Cf. Lc 23,46 ; Ps 31,6). Ainsi se dévoile au plus haut degré l’union du Père et du Fils dans la distinction personnelle. En ce moment capital de la manifestation du rapport paterno-filial, l’Esprit Saint est lui aussi présent : « combien plus le sang du Christ, qui par un Esprit éternel s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes pour que nous rendions un culte au Dieu vivant » (He 9,14) . Ainsi, dans la force de l’Esprit, Jésus s’offre au Père en sacrifice pour nos péchés.
C’est à la lumière de la résurrection que s’illumine le mystère de la croix du Seigneur et de son amour pour nous. La résurrection elle-même est, au plus haut degré, un événement trinitaire. Nombre de textes du Nouveau Testament soulignent l’initiative prise par le Père dans la résurrection du Christ (cf. Ac 2,23-24 ; 3,15 ; 4,10 ; 10,39 ; Rm 6,4 ; 8,11 ; 10,9 ; 2 Cor 4,14...). Ailleurs, c’est à Jésus que revient cette initiative sans que fasse cependant défaut la référence au Père (cf. Jn 10,17 ; et aussi Jn 2,19-21). Dans la résurrection du Christ, la paternité divine se manifeste très clairement (cf. Ga 1,1). D’ailleurs, il est particulièrement intéressant de repérer l’usage que le Nouveau Testament fait du Ps 2,7: « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » quand celui-ci est appliqué au moment de la résurrection (cf. Ac 13,33 ; He 1,5 ; 5,5). La résurrection est alors interprétée en terme de “génération”. A ce moment précis, Jésus acquiert, en tant qu’homme, la condition de « Fils de Dieu avec puissance» (Rm 1,4). Si la paternité de Dieu est associée à la résurrection, corrélativement la filiation divine apparaît ici en plénitude. La parfaite condition divine filiale de l’homme Jésus est liée à son exaltation et son intronisation comme Seigneur (Ac 2, 30-36 ; Ph 2,11). Ainsi se manifeste en pleine clarté ce qu’il possédait depuis toujours.
L’Esprit Saint, qui a été présent dans toute la vie du Christ, agit lui aussi au moment de la résurrection comme le souligne saint Paul : « … concernant son Fils, issu de la lignée de David selon la chair, établi Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts » (Rm 1,3-4, cf. 1Co 15,45 ; 1Tm 3,16 ; 1P 3,18). Selon Rm 8,11, l’Esprit Saint est « l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts ». La résurrection de Jésus met ainsi en lumière le rôle du Père et de l’Esprit, c’est pourquoi le Mystère pascal est d’une importance décisive dans la révélation du Père, du Fils et de l’Esprit. Nous remarquons encore que nous ne trouvons jamais isolée l’une des personnes divines sans référence aux deux autres.
En fait, quand nous considérons l’unité du Père et du Fils à partir de la résurrection et de l’ascension au ciel, nous ne pouvons pas oublier que l’effusion de l’Esprit comme œuvre du Père et du Fils ressuscité révèle aussi leur unité. Jésus glorifié, participant en plénitude à la vie divine, répand l’Esprit qui l’a accompagné durant toute sa vie humaine et qu’il possède désormais en plénitude. Le don de l’Esprit doit être ainsi compris en relation intime avec la résurrection et la glorification du Christ. L’humanité du Seigneur est le “lieu” de la présence de l’Esprit dans le monde et la glorification du Ressuscité est la raison de son effusion . La succession temporelle entre le moment de la résurrection et celui la glorification de Jésus est claire dans le Nouveau Testament, tout spécialement dans les Actes des Apôtres et dans l’Evangile de Jean (cf. Ac 2,1ss ; Jn 20,22). Nous ne trouvons pas cette succession temporelle chez Paul mais les formules utilisées montrent l’Esprit référé soit au Père soit à Jésus (cf. Rm 8,9 ; Ga 4,6 ; Ph 1,19...). L’Esprit Saint est, inséparablement, l’Esprit du Père et du Fils et, dans le Mystère pascal, il s’est manifesté dans toute la richesse de ses dons et de ses effets.


Le Fils et l’Esprit unis au Père dans l’œuvre de salut et dans la foi des chrétiens

Nous avions commencé notre réflexion en parlant du monothéisme de l’Ancien Testament que Jésus avait fait sien. Mais d’après ce que nous avons vu, le Dieu unique se révèle maintenant d’une façon nouvelle comme le Père de Jésus, son Fils unique. Jésus le Fils est toujours associé au Père dans les professions de foi du Nouveau Testament (cf. Jn 17,3 ; Rm 10,9 ; 1Co 8,6 ; 1Tm 2,5). Comme nous l’avons déjà souligné, quand le Nouveau Testament parle de Dieu, il s’agit généralement du Père ; toutefois, en certaines occasions, Jésus est directement appelé “Dieu” (cf. Jn 1,1 ; 20,28 ; He 1,8-9 ; probablement aussi dans Rm 9,5 ; Tt 2,13 ; 2P 1,1 ; 1Jn 5,20) ; dans le quatrième Evangile, l’expression “Je suis” – renvoyant à la révélation du nom de Dieu à Moïse en Ex 3,14 – apparaît fréquemment dans la bouche de Jésus (cf. Jn 5,35 ; 8,24.27.58…). Cela n’explique pas encore comment la divinité de Jésus peut être compatible avec le monothéisme ouvertement professé mais cela montre clairement que, dans le Nouveau Testament, le Fils préexiste à son envoi dans le monde (cf. Jn 1,1-5 ; 8,58 ; 17,5.24 ; Rm 8,3 ; Ph 2,6 ; He 1,2-3...) et donc que le rapport entre Dieu et Jésus ne dépend pas de la venue de ce dernier dans notre chair. Parallèlement, divers textes du Nouveau Testament expliquent, avec difficulté parfois, qu’il existe entre Dieu et l’Esprit une relation intime qui ne peut être comparée à aucun rapport de Dieu avec les créatures (cf. 1Co 2,10-12 ; 2Co 3,17 ; Ac 5,3-4). L’union de l’Esprit au Père et au Fils dans l’histoire du salut place l’Esprit du côté de Dieu et non des créatures. En fait, plus que d’opérer une systématisation doctrinale de la Trinité, le Nouveau Testament met en lumière la structure “trinitaire” du salut : l’initiative de celui-ci revient au Père qui envoie Jésus dans le monde ; dans son immense amour, Jésus meurt pour nous tous ; le don de l’Esprit du Père et du Fils nous permet de mener la vie nouvelle en Christ. Dans un seul Esprit, par le Christ, nous avons accès au Père (cf. Ep 2,18). Ainsi le Fils et l’Esprit Saint apparaissent-ils unis au Dieu unique. Ceci reçoit d’ailleurs une autre confirmation, si nous nous tournons vers nombre de passages du Nouveau Testament qui mentionnent ensemble le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Parmi eux, citons en particulier la formule baptismale de Mt 28,19 : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Toutefois, ce verset n’est pas le seul à associer ensemble les trois “personnes” divines (cf. aussi Jn 14,16 ; 17, 26 ; 1Co 12,4-7 ; 2Co 13,13 ; Ga 4,4-6...). Notons encore que ces passages prennent tout leur sens dans la totalité de la révélation néotestamentaire et qu’ils ne peuvent être considérés indépendamment de celle-ci.
La vie de Jésus et l’expérience de l’Eglise primitive montrent que la foi au Christ ne peut être exprimée de façon adéquate en dehors de la relation unique de celui-ci avec le Père qui l’a envoyé et avec l’Esprit qui a reposé sur lui – cet Esprit qu’après sa résurrection, il a répandu avec le Père sur l’Eglise et sur le monde. En gardant ceci présent à l’esprit, la formule baptismale de saint Matthieu sera déterminante pour le développement de la foi trinitaire de l’Eglise.

De la formule baptismale au Credo de l’Eglise

Nous ne pouvons pas, même sommairement, parcourir toutes les étapes du développement du dogme trinitaire. Très tôt, nous trouvons dans la littérature chrétienne des exemples de regula fidei [règle de la foi] de structure trinitaire tout comme des formules baptismales à triple interrogation. Rapidement aussi, apparurent, en Orient et en Occident, les symboles de la foi, les “Credo”, qui ont toujours un schéma trinitaire, parfois augmenté d’une section christologique. Le symbole de Nicée en 325 (DH 125) a affirmé définitivement la divinité du Fils qui est “de la même substance du Père”, homoousion tô patri. Le Fils est d’ailleurs “engendré” et non pas “créé”. Il provient de l’essence du Père et n’est pas créé à partir de rien. La controverse arienne courant sur tout le IVème siècle a donné lieu à des approfondissements capitaux sur la divinité du Fils et sur la juste compréhension de la paternité divine. En fait, Dieu ne serait pas vraiment Père s’il n’engendrait pas un Fils de même nature que lui-même. Aussi, la paternité divine et la pleine divinité du Fils doivent être confessées simultanément. Par ailleurs, la distinction théologique entre ce que nous appelons de Dieu les « noms absolus » se rapportant à son essence et les « noms relatifs » – le Père et le Fils relevant évidemment de la deuxième catégorie – nous aide à comprendre comment la distinction “personnelle” n’ébranle pas l’unité de Dieu. Dieu ne peut être, au sens propre, Père que s’il a engendré depuis toute éternité un Fils égal à lui en tout, de même “essence” ou “substance” que lui-même. Sans cette réflexion sur la paternité de Dieu et la filiation de Jésus, les termes du Nouveau Testament perdraient ici tout leur sens. La distinction en Dieu entre l’essence et les personnes – œuvre surtout des Pères Cappadociens – fut en ce sens capitale dans le développement dogmatique.
Parallèlement, la divinité de l’Esprit Saint fut affirmée toujours plus explicitement : l’Esprit est proprement du Père et du Fils et il agit avec eux dans l’œuvre de la création et l’œuvre de la sanctification. Il a surtout le pouvoir de “diviniser” celui qui le reçoit. Le premier concile de Constantinople en 381 a parlé de l’Esprit Saint « qui est Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père et, avec le Père et le Fils, est adoré et reçoit même gloire, qui a parlé par les prophètes » (DH 150).

 

Un seul Dieu en trois personnes

Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont Dieu mais ils ne sont pas trois dieux. Voilà pourquoi la vision chrétienne de Dieu, héritière du monothéisme d’Israël, est profondément originale. L’union conjointe de Jésus et de l’Esprit au Père dans l’œuvre du salut, qui ne peut être accomplie indépendamment de chacune de leur action respective (Trinité économique), a conduit l’Eglise à les voir aussi unis dans l’être divin (Trinité immanente). Le deuxième concile de Constantinople en 553 a ainsi formulé le dogme trinitaire :

Si quelqu’un ne confesse pas une seule nature ou substance du Père, du Fils et du Saint-Esprit, une seule puissance et un seul pouvoir, une Trinité consubstantielle, une seule divinité adorée en trois hypostases ou personnes, qu’un tel homme soit anathème. Car il y a un seul Dieu et Père, de qui sont toutes choses, un seul Seigneur Jésus-Christ, par qui sont toutes choses, un seul Esprit Saint, en qui sont toutes choses. (DH 421)

Nous avons déjà fait référence à la distinction entre l’unique essence divine et les personnes ou hypostases qui sont, elles, en relation. Cette dernière notion a été approfondie au cours des siècles. Saint Augustin et saint Thomas d’Aquin ont fait d’elle l’une des clefs de leur théologie trinitaire. Le premier a remarqué que l’Esprit Saint a aussi un nom relatif : celui de “Don”. Les personnes divines sont en relation, elles n’existent que dans leurs relations mutuelles. Ce que le Père est, il l’est en relation au Fils, et ce que le Fils est, il l’est en relation au Père. Semblablement, l’Esprit n’est pas référé à lui-même mais au Père et au Fils (cf. DH 528 ; XIème concile de Tolède en 675). Ces relations ne sont pas interchangeables car si le Père n’a jamais existé sans le Fils et le Fils sans le Père, seul le Père a généré le Fils et non pas le contraire (cf. Ibidem., DH 526). En approfondissant cette antique tradition, Saint Thomas d’Aquin est parvenu à dire que les personnes divines sont relations subsistantes. Les noms relatifs des personnes n’indiquent pas une propriété mais l’hypostase ou la personne elle-même. Celles-ci sont en tant que relations : leur être est relation. Ainsi le Père n’existe pas préalablement pour être ensuite père, et nous pouvons dire la même chose du Fils et de l’Esprit (le don). Les personnes divines se distinguent du fait qu’elles sont en relations. Comme le soulignait saint Bonaventure, l’unicité de chacune réside dans la communication infinie : « En ces personnes la souveraine bonté appelle nécessairement une communication infinie ; la communication infinie entraîne une absolue consubstantialité […] la communication plénière du souverain bien rend nécessaire la Trinité : Père, Fils et Saint Esprit » . Les trois personnes ont tout en commun, à l’exception de leurs propriétés personnelles. Si, par delà la fragilité de notre langage, nous pouvons parler en Dieu d’un “Je” et d’un “Tu”, il n’est cependant pas possible de parler d’un “mien” ou d’un “tien” possédés exclusivement car selon la parole de Jésus à son Père : « tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17,10 ; cf. Jn 16,15). Par ailleurs, chacune des personnes possède en plénitude l’essence divine, chacune est entièrement Dieu et ne peut être en ce sens complétée par quoi que ce soit même si chacune n’existe qu’en référence au deux autres. Cependant cette référence n’a lieu ici qu’à cause du débordement généreux de l’amour et non en raison d’un quelconque manque.
Les trois personnes divines possèdent numériquement une seule essence ou substance (autrement elles seraient trois dieux), mais elles se distinguent en raison de leurs relations qui les constituent en tant que “personnes”. Celles-ci sont caractérisées par chacune de leur propriété unique et non permutable : le Père seul est le principe, la source unique de la divinité ; lui seul est “inengendré”. L’unité de la Trinité et de l’essence divine se fonde sur le fait qu’il n’est qu’un seul principe mais ceci n’entraîne pas l’infériorité du Fils et de l’Esprit – tout au contraire ! Le Père est totalement Père et cela signifie qu’il est en mesure de communiquer entièrement la divinité, autrement sa condition de “Père” en serait compromise. Le Fils et l’Esprit, à cause et non malgré le fait qu’ils trouvent dans le Père leur principe, sont Dieu comme le Père l’est. D’autre part, le Père, en tant que principe, est toujours un principe en relation : il n’est pas “antérieur” au Fils et à l’Esprit. Le Père n’est pas Père indépendamment d’eux. Ainsi le mystère de la paternité divine nous conduit au cœur de la vision chrétienne de Dieu. Personne n’est Père comme Dieu l’est : “Tam pater nemo” , disait Tertullien aux premiers siècles de l’Eglise.
Le Père n’est pas sans le Fils, comme nous l’avons déjà dit. Le Nouveau Testament nous présente Jésus, le Fils incarné, comme étant le premier destinataire de l’amour du Père (cf. Mc 1,11par ; Mc 9,7par ; Col 1,13 ; Jn 3,35 ; 5,20 ; 17,23). Ce fait de l’histoire du salut nous ouvre à la réalité de la Trinité en elle-même (la Trinité immanente). De tout temps, le Père aime le Fils (cf. Jn 17,24.26). Cet amour trouve dans le Fils une réponse parfaite (cf. Jn 14,31). L’amour que le Christ nous manifeste dans le don de lui-même jusqu’à l’extrême jaillit de l’amour éternel du Père et du Fils – amour que la vie de Jésus nous a manifesté.
Jésus, le Fils, est la Parole de Dieu (cf. Jn 1,1.14 ; 1Jn 1,1 ; Ap 19,13) et, en même temps, il est l’image du Dieu invisible (Col 1,15 ; cf. 2Co 4,4). Ces diverses expressions soulignent le fait que Jésus est le révélateur de Dieu. Jésus est en mesure de nous faire connaître le Père que parce qu’il est Dieu comme lui et, en même temps, il s’est fait homme comme nous. L’amour qui se manifeste jusqu’à la mort et la mort de la croix, est le reflet de l’amour du Père, source de tout amour, qui se donne lui-même dans la génération éternelle de Fils. Cet amour originaire du Père trouve dans le Fils une réponse éternelle que la vie, la mort et la résurrection de Jésus nous ont révélée.
L’Esprit Saint, comme nous l’avons déjà dit, est le don du Père et du Fils. Il est un don fait aux croyants au travers d’une mission invisible. Sa présence ne peut être en aucun cas le résultat de notre effort ou de notre mérite. D’autre part, déjà dans le Nouveau Testament, l’Esprit Saint est associé à l’amour : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné » (Rm 5,5). Seulement à travers l’amour, les dons gratuits de Dieu peuvent être atteints. L’amour est toujours le don originaire et premier . L’Esprit Saint en tant qu’amour est le premier don qui nous conduit à Dieu ; sans lui, rien d’autre ne peut nous porter vers Dieu . A partir de saint Augustin, a été développée dans l’Eglise, surtout en Occident, la conception de l’Esprit comme amour du Père et du Fils, amour et union du Père et du Fils et fruit de leur amour réciproque :

Voilà pourquoi aussi le Saint-Esprit a sa place dans cette même unité et cette égalité de substance. Qu’il soit l’unité des deux autres Personnes, ou leur sainteté, ou leur amour ; qu’il soit leur unité parce qu’il est leur amour, et leur amour parce qu’il est leur sainteté, il est clair qu’il n’est point une des deux premières Personnes, en qui s’opérerait leur mutuelle union, en qui l’engendré serait aimé de son générateur et aimerait celui-ci, en qui toutes les deux conserveraient, non par participation mais par leur essence, non de par les bons offices d’une autorité quelconque mais par leur propre initiative, l’unité de l’esprit dans le lien de la paix (Ep 4, 3).

L’unité du Père et du Fils ne provient donc pas d’un principe extérieur à eux, mais du don même qu’ils se font mutuellement : l’Esprit Saint qui possède la même essence divine que le Père et le Fils – lui qui est l’amour dans lequel ceux-ci s’unissent, leur don mutuel qui est encore le don qu’ils font aux hommes. Saint Augustin a pu alors parler des trois personnes de la Trinité comme étant l’aimant, l’aimé et l’amour . Ainsi l’amour est un nom propre de l’Esprit Saint – lui qui est la charité procédant du Père et du Fils, caritas procedens . De telles idées trouveront un écho dans la grande scolastique médiévale. Saint Bonaventure parlera de l’Esprit comme du don, du lien, de l’amour du Père et du Fils et saint Thomas dira que l’amour qui unit les deux est en même temps l’amour qui procède d’eux . D’ailleurs, le magistère récent de l’Eglise a repris et développé ces idées de la tradition. Ainsi le Bienheureux Jean-Paul II écrivit que :

Dans sa vie intime, Dieu “est amour”, un amour essentiel, commun aux trois Personnes divines : l’Esprit Saint est l’amour personnel en tant qu’Esprit du Père et du Fils. C’est pourquoi il “sonde jusqu’aux profondeurs de Dieu”, en tant qu’Amour-Don incréé. On peut dire que, dans l’Esprit Saint, la vie intime du Dieu un et trine se fait totalement don, échange d’amour réciproque entre les Personnes divines, et que, par l’Esprit Saint, Dieu « existe » sous le mode du don. C’est l’Esprit Saint qui est l’expression personnelle d’un tel don de soi, de cet être-amour. Il est Personne-amour. Il est Personne-don.

Le Père et le Fils s’unissent dans l’Esprit Saint ; la relation paterno-filiale n’acquiert sa perfection que dans l’Esprit Saint ; dit encore autrement, sans l’Esprit, cette relation ne pourrait pas avoir lieu. Le Père et le Fils sont unis dans l’amour mutuel de l’Esprit Saint. L’Esprit ferme ainsi le cercle de la communion à l’intérieur de la Trinité et, en même temps, en lui, la vie intime de Dieu se communique aux hommes, toujours en lien avec l’incarnation et le mystère pascal du Christ, le Verbe fait chair. Déjà depuis les temps anciens, il avait été noté que l’Esprit n’a pas de noms propres qui lui soient attribués exclusivement : Dieu est amour et l’Esprit est spécialement considéré comme l’Amour. Le nom même d’“Esprit Saint”, comme le remarquèrent les Pères, pourrait convenir aussi au Père et au Fils – les deux sont en effet “esprit” et ils sont “saint”. L’Esprit Saint manifeste ainsi le mystère profond de l’être divin dans le fait qu’en tant que “don”, il permet aux hommes d’entrer en communion avec Dieu.


« Deus caritas est »

La Trinité n’existe seulement que dans l’unité et, en même temps, l’unité divine n’existe seulement que dans la trinité des personnes. La Trinité est l’unique vrai Dieu tout en sachant que l’unité divine est une donnée aussi fondamentale et essentielle que celle la Trinité. Ainsi, la foi chrétienne a pu se comprendre comme la plus haute forme du monothéisme. Elle est une nouvelle façon d’envisager l’unité . L’unité divine, justement en tant qu’elle est totalement parfaite, doit inclure intrinsèquement la pluralité . Dans la terminologie théologique classique, on parle de l’unité de la substance ou de l’essence divine, au regard de la trinité des personnes. Cette essence divine n’est pas compréhensible pour la raison humaine. Le Nouveau Testament nous permet néanmoins de nous approcher de ce mystère : il nous dit que Dieu est “lumière” (1Jn 1,4.7 ; cf. 1Tm 6,16) ; qu’il est “esprit” (Jn 4, 24) et surtout qu’il est “amour” (1Jn 4, 8. 16). Il est clair que ces termes doivent être compris, en premier lieu, à partir de la manifestation salvifique de Dieu en Jésus : dans un monde de ténèbres et de haine, un chemin de salut et de libération nous est ouvert en Christ. Toutefois, ces expressions indiquent en même temps quelque chose qui, depuis toujours, est la réalité de l’être intime de Dieu. En Jésus est dévoilée la vie divine qui vient du Père et que le Fils et l’Esprit partagent en plénitude. Ces termes, et d’autres semblables, nous acheminent vers une plénitude d’être infinie , une totalité de bien et de vie qui ne connaît aucune limite. Ils suggèrent encore une plénitude d’être personnel, de totale possession de soi, de liberté infinie. Néanmoins, la “définition” de Dieu comme amour ajoute à toutes ces considérations une précision décisive. L’être en plénitude et la totale possession de soi trouvent en effet leur expression maximale dans le don le plus parfait : « L’être même de Dieu est Amour. En envoyant dans la plénitude des temps son Fils unique et l’Esprit d’Amour, Dieu révèle son secret le plus intime : Il est Lui-même éternellement échange d’amour : Père, Fils et Esprit Saint, et Il nous a destinés à y avoir part » .
L’enseignement de la Bible et de la tradition sur Dieu comme amour montre ainsi que la perfection divine est vécue selon le mode du don amoureux. Ceci est la signification ultime de l’auto-possession de Dieu. Certes distinct selon son mode propre en chaque personne, le don total aux deux autres personnes est cependant commun au Père, au Fils et à l’Esprit Saint. L’amour est ce qui les unit et ce qui les distingue. La “définition” de Dieu comme amour, reliée aux autres expressions de lumière et d’esprit, nous dévoile alors la plus grande profondeur de l’être divin que nous ne finirons jamais de sonder car il restera toujours un mystère. Dieu est un, mais dans l’éternel échange de l’amour, il n’est pas “solitaire” .
Nous pouvons nous arrêter ici avec une brève réflexion sur la formule baptismale de Mt 28,19. Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Au “nom” au singulier et non dans les “noms” au pluriel parce qu’il n’est qu’un seul Dieu. Mais en même temps ce “nom” est celui du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint parce que Dieu n’est un que dans la sainte et indivisible Trinité.


Mgr  Luis F. Ladaria, secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

 
Depuis le 9 juillet 2008, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a un nouveau secrétaire en la personne de Mgr Luis F. Ladaria s.j. Enseignant passionné et attentif aux personnes, ses cours ont empli, des années durant, les amphithéâtres et jusqu’à l’Aula Magna de la Grégorienne. Jésuite formé en Espagne, en Allemagne et à Rome, il est un spécialiste reconnu des Pères de l’Église, en particulier de saint Hilaire de Poitiers. Le P. Ladaria a toujours mené de front des études dogmatiques et patristiques où prédominent les questions d’anthropologie théologique et de théologie trinitaire. En outre, ses responsabilités, comme membre puis comme Secrétaire général de la Commission théologique internationale l’ont orienté vers la théologie des religions. C’est lui qui dirigea la sous-commission qui élabora le texte sur « Le christianisme et les religions » paru en 1997.
 

Missions Etrangères de Paris
3 juin 2012

 

 

Accueil au début de la solennité de la Trinité

Excellence, Cher Monseigneur Ladaria,

Soyez le bienvenu et soyez assuré de notre gratitude en ce jour où nous fêtons la solennité de la Très-Sainte Trinité. La présence parmi nous du secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi renouvelle les liens des Missions Etrangères de Paris avec le Saint-Siège. Depuis plus de 350 ans, environ 4400 prêtres Mep sont partis de cette chapelle dans différents pays d’Asie. Votre présence parmi nous, Monseigneur, est un encouragement tout particulier pour que nous soyons fidèles à notre mission et proclamions la foi en la trinité sainte.

Assurez le Saint Père de la prière de nos confrères et de la nôtre à nous qui sommes ici réunis ce matin, ainsi que de notre attachement filial à sa personne dans les moments de liesse et aussi tout particulièrement dans les périodes plus difficiles où des esprits maléfiques tentent en vain de faire chavirer la barque de Pierre.

Vous êtes aussi venu accompagner par votre prière et votre affection le départ en mission en Inde du P. Yann Vagneux, l’un de vos nombreux élèves à l’Université Grégorienne. Qu’il me soit permis de saluer très chaleureusement tous les amis de notre confrère, sa famille et ses parents avec une pensée particulière pour sa maman et toutes les mamans ici - présentes en ce jour où nous les fêtons en France.

 

 

Père Georges Colomb, supérieur général des Missions Etrangères de Paris

 

Homélie pour la solennité de la Sainte-Trinité par Mgr Luis Ladaria

 

Parmi tous les textes de l’Ecriture au fondement de la foi de l’Eglise dans le Dieu Trinité, l’Evangile que nous venons d’entendre est sans doute le plus important. C’est en effet à partir de la formule du baptême « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28, 19) que s’est développé le Credo que nous allons chanter d’ici peu et qui dans sa structure même rappelle la vérité première du christianisme : la foi en la Trinité qui est la foi de notre baptême. La formule baptismale, venant du Seigneur lui-même, a été prononcée depuis deux millénaires sur des générations et générations de chrétiens les plongeant dans la foi qui est encore la nôtre aujourd’hui – cette foi que le Christ Jésus a enjoint ses apôtres de prêcher à tous les peuples : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19). D’ailleurs, nous voyons immédiatement combien Trinité et mission sont étroitement reliées et, en nous rappelant la foi de notre baptême, l’Evangile de ce jour nous rappelle aussi la mission de l’Eglise de l’annoncer à toute la création. Telle est la Bonne Nouvelle de Jésus destinée à tous les hommes sans aucune distinction de race ou de condition.
De façon assez étonnante, il fallut attendre le XVIème siècle pour que le terme “mission”, pris au singulier ou au pluriel, connût le sens que nous lui donnons aujourd’hui dans la mission ad gentes – la mission aux peuples non-chrétiens. Néanmoins, depuis bien longtemps déjà, la théologie faisait usage de ce terme pour parler, dans la Très-Sainte Trinité, des missions du Fils et de l’Esprit qui ont leur origine dans le Père. Pour justifier cet emploi, de nombreux passages du Nouveau Testament pourraient être invoqués (cf. Ga 4, 4-6). L’Evangile lui-même ne cesse de parler de l’envoi dans le monde que le Père a fait de son Fils ; ainsi Jésus est par excellence le missionnaire – “celui que le Père a envoyé” nous dit saint Jean (Jn 10, 36 ; 17, 3). Les disciples eux-aussi participent de cette mission : “ Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.” (Jn 17,18). Leur mission est la continuation de la mission de Jésus et c’est de celle-ci qu’elle tire tout son sens et tout son contenu. Par ailleurs, le Christ envoie non seulement les siens mais il les accompagne constamment par sa présence : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20) leur dit-il en accomplissant sa promesse de ne jamais les laisser orphelins. A cette fin, l’Esprit de vérité a été envoyé et répandu dans nos coeurs pour demeurer toujours auprès de nous et en nous. C’est lui qui nous introduit dans la vérité toute entière en nous rappelant ce que Jésus a dit. Dans l’assurance de sa présence et de son soutien, nous pouvons avoir une confiance sans limite envers le Père et, dans l’Esprit, comme nous l’a rappelé l’épître aux Romains, nous pouvons appeler Dieu “Abba-Père” avec le même abandon filial que Jésus, dans la perfection de l’amour qui est le premier fruit de l’Esprit chassant toute crainte de nos vies.

Cher Yann, c’est au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit que tu as été baptisé et c’est encore au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit que tu es envoyé par l’Eglise pour rendre témoignage à la vérité qui est le Christ dans les terres lointaines des Indes que tu connais et aimes depuis des années déjà. Tu auras encore tant de choses à apprendre à l’école de cette civilisation plurimillénaire et de sa sagesse ancestrale. D’une façon toute particulière, pour reprendre les termes de Concile Vatican II dans la déclaration Nostra aetate qui faisait sienne la grande tradition des Pères, tu auras comme mission propre de découvrir les “semences de vérité” et les “rayons de la lumière véritable” qui éclairent chaque fils de l’Inde. Toi aussi, comme le disait Henri de Lubac à l’Abbé Monchanin au moment de son départ, tu devras te “heurter à l’Inde” . Et quelle richesse serait pour l’Eglise l’apport de l’Inde si cet immense peuple auquel tu es consacré découvrait plus profondément Jésus et entrait dans la grande communion de tous ceux qui croient en lui. Et quelle richesse serait encore pour l’Inde cette découverte qui comblerait le mystérieux désir, présent en chaque coeur humain, de trouver en Jésus la plénitude et le salut qu’il veut nous donner car, en lui seul, peut reposer notre coeur inquiet comme nous l’enseignait jadis saint Augustin .
C’est à cette grande entreprise que ta vie est désormais vouée cher Yann même si nous ne savons pas comment concrètement se déroulera demain ta vie et ton apostolat. Peut-être, ta contribution visible à la grande mission de l’Eglise ne sera pas plus grande qu’une graine de senevé. Mais qu’importe... Nous savons bien que la puissance du Seigneur peut transformer ces minuscules graines en des arbres où viennent s’abriter tant d’oiseaux du ciel (Mt 13, 31-32). La semence du Royaume des Cieux est elle aussi petite en ce monde mais elle est toujours grande dans l’espérance et elle sera encore plus grande quand, à la fin des temps, Jésus le remettra au Père afin que “Dieu soit tout en tous” (1Co 15, 28). Voilà pourquoi, tu rendras témoignage au Seigneur Jésus avec humilité et en même temps force et conviction et ton témoignage ne sera pas fait en ton nom propre mais au nom de l’Eglise qui t’envoie aujourd’hui.
Cher Yann, comme pour les premiers disciples partis vers toutes les nations, les difficultés et les épreuves ne manqueront pas sur ton chemin mais le Seigneur sera toujours avec toi et la joie de l’Esprit comblera ton coeur et t’accompagneront toujours notre prière et notre affection. Amen.

Mgr Luis F. Ladaria, secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

 

Mot d’envoi en mission du P. Yann Vagneux 

Monseigneur,
Cher Yann,
Chers confrères des Missions Etrangères,
Chers frères et sœurs,

 

Nous voici réunis devant la Reine des Martyrs où des générations de missionnaires sont venues en pèlerinage avant de partir vers leur pays de mission. Parmi eux, certains ont été appelés à rendre témoignage par le martyre, ce sont les compagnons de l’Agneau dont le nom est écrit au Livre de Vie (Ap 21, 27) et dont nous conservons précieusement la mémoire en ce lieu. Ils sont nos intercesseurs au ciel, eux qui nous donnent une force particulière pour être fidèles à notre vocation. Nous les invoquons en ce moment où nous t’envoyons en Inde cher Yann.

Tu retrouveras en Inde tes confrères, dont le P. Legrand ici présent, qui continuent la mission que l’Eglise a confiée à la Société des Missions Etrangères depuis le milieu du XVIIIème siècle dans ce grand pays qu’est l’Inde pour lequel 637 missionnaires sont partis de la rue du Bac.



Tu pars avec toute notre affection et notre prière dans la communion des saints que les distances géographiques ne peuvent abolir. Tu partiras aussi avec la croix que je vais te remettre et qui a été forgée par les frères de Bethléem, moines qui dans le grand silence du massif de la Chartreuse soutiennent ta mission. Cette croix accompagnera bien des eucharisties que tu célèbreras parfois seul physiquement mais entouré de tant et tant de visages proches ou lointains. Cette croix sera ton oratoire lorsque tu n’auras rien d’autre qu’une humble chambre pour retrouver notre Seigneur dans le silence. Cette croix surtout te rappellera le mystère que nous avons célébré aujourd’hui.

Tu me rapportais, Yann, cette pensée de Saint-Augustin « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité » . Il n’est alors pas de plus haut lieu pour nous que la croix pour voir la Trinité car c’est sur son bois qu’a été cloué l’amour insurpassable qui unit depuis toute éternité le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Dans ce sacrifice suprême, nous contemplons avec les yeux de la foi le don sans mesure que se font les trois personnes divines. Nous découvrons la souffrance transfigurée dans l’amour qui dépasse tout ce que nous pouvons penser ou imaginer.
Nos frères saints martyrs de Chine, de Corée, du Vietnam dont les noms sont gravés dans le marbre de cet oratoire, les martyrs de l’Inde, sont les témoins de cet amour. Ils ont suivi le Crucifié par leur charité qui est allée jusqu’au don de leurs jeunes vies. Ils nous donnent à voir l’amour de Dieu pour toute l’humanité, pour tous ces frères inconnus aujourd’hui que tu rejoindras dans quelques semaines.

Fort de cette vérité de l’amour, n’aie pas peur, Yann, de tous les dépouillements auxquels il te faudra consentir inévitablement. Lorsque, à vue humaine, tout semblera échec ou perte de temps, lorsque tu seras loin des tours de Manhattan, loin du front audacieux des palais romains et des docteurs que tu as fréquentés à la Grégorienne, lorsque tu n’auras pas forcément les mêmes satisfactions d’ordre intellectuel, les mêmes assemblées pour prier avec toi comme c’est le cas aujourd’hui, lorsque ton visa ne sera pas renouvelé, lorsque tel ou tel aléa de la vie missionnaire te touchera personnellement, tu te rappelleras que tu appartiens à une lignée de missionnaires qui partent sans poser de conditions pour un pays, pour un peuple, pour une Eglise, pour la vie ! C’est aussi par la charité dont tu témoigneras que naîtra en toi, petit à petit, l’être nouveau que nous sommes tous appelés à devenir dans notre vie car comme le dit saint Paul : « Si quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là » (2Co 5, 17.


Voici ta mission : être le messager de l’amour trinitaire. Quelle que soit la forme concrète que prendra cette mission ! Tu seras le porteur de l’évangile au cœur d’une partie du peuple de l’Inde auquel tu es envoyé, avec une prédilection particulière pour ceux qui n’ont pas encore découvert l’amour du Dieu Trinité. Tu seras le porteur de cet amour, de cette espérance et le messager de la foi aussi bien au cœur des cités saintes de l’Inde et de ses fleuves sacrés que de ses universités ou de ses bidonvilles.

Bonne mission, d’un style nouveau, avec la précarité, l’insécurité concernant l’avenir qui caractérise aujourd’hui comme hier la vie du missionnaire Mep notamment en Inde, mais aussi en Chine, au Laos, au Vietnam ou en Birmanie et pourtant à l’appel de l’Eglise, il faut répondre présent ! Alors prêt ? Et bien Partez ! Que la Sainte Vierge veille sur toi, que Saint- Yves et Saint-Bruno t’apportent le réconfort priant de la Bretagne et de la Savoie, Que Saint-François-Xavier et Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus gardent vive en toi la flamme missionnaire et que Saint-Joseph, patron du séminaire des Missions Etrangères conserve en toi l’humilité et la discrétion des hommes justes !

 

Père Georges Colomb, supérieur général des Missions Etrangères de Paris

 


 

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