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Le dialogue du ciel et de la terre

11 juillet 2013

Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles, à ordonné huit prêtres le 30 juin 2013 en la cathédrale Saint-Louis de Versailles, dont Antoine Meaudre qui partira pour les MEP en Thaïlande…

Le récit de la rencontre de Jésus avant sa passion avec ses apôtres et avec Pierre nous révèle le sens profond de l’ordination aujourd’hui de plusieurs prêtres de notre diocèse. Et cet évènement de grâce nous donne aussi de mieux comprendre ce que signifie pour nous le dialogue entre Jésus et les siens.

… Le dialogue de Jésus et de Pierre n’est pas seulement une conversation du Maître avec ses disciples. C’est un dialogue entre ce que Jésus appelle « le ciel et la terre », entre Dieu et le monde, en cette formule étonnante : « Ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Mt 16,13-19). Il s’agit du salut de l’humanité et de la mission de l’Eglise ! C’est pourquoi l’évènement spirituel d’une ordination non seulement s’inscrit dans la trame de l’histoire des hommes, mais il est là pour la marquer. Des hommes sont choisis par l’intervention du Sauveur du monde, dans notre temps, « pour lier et pour délier »…
On comprend alors pourquoi l’ordination des prêtres ne répond à aucune autre logique que celle de l’irruption d’un don et de la gratuité du choix déterminé du Créateur. Cela se demande précisément comme un don. Personne, aucune communauté, aucun diocèse, pas plus celui de Versailles qu’aucun autre, n’y a particulièrement droit, personne ne peut l’exiger comme un dû, mais nous devons tous l’implorer comme des fils demandent du pain, le pardon, la vie, la présence visible du Bon Pasteur.
Jésus nous commande d’oser demander avec l’insistance et l’Esprit des fils, parce que le monde a faim et soif, et qu’il faut des serviteurs pour distribuer le Fils qui s’offre.
Cette prière de correspondance au désir de Dieu d’envoyer des ouvriers pour la moisson se base sur le regard du Seigneur lui-même sur la réalité : « les champs sont mûrs, sont blancs pour la moisson ». Tout part de là, depuis l’incarnation du Verbe, et tout doit s’y référer, dans le dynamisme missionnaire et sous l’impulsion du dernier Concile, et de notre synode diocésain. C’est l’axiome de base de tout plan pastoral et de toute prévoyance épiscopale, des plans de nomination, des projets et des entreprises, mais aussi des dépouillements de tout ce qui n’est pas nécessaire à la mission.
C’est aussi pourquoi, frères et soeurs, nous ne devons pas avoir de honte de parler aux jeunes de la vocation de prêtre. Parce que le Seigneur appelle certains d’entre nous, ils ont le droit de le savoir, ils ont le droit de comprendre que nous voulons tous nous laisser conduire et envoyer par le Bon Pasteur ; que, nous voulons recevoir son pardon et sa vie de façon incarnée, dans les sacrements par le ministère de ces « serviteurs de votre joie « qui nous sont donnés.

… Devant la nécessité de bâtir partout et toujours « la civilisation de l’amour », il faut et il faudra défricher, arracher, planter, semer, oui, bâtir. Quand la sécheresse spirituelle s’installe en causant plus de dégâts que le réchauffement climatique, il faut encore et encore « creuser des puits », comme les patriarches le faisaient, quand ils annonçaient et « voyaient de loin » la Source de « l’eau vive ! ». Ceci vaut pour les villes, pour les cités, pour les campagnes, sur notre pays, en Ile de France en particulier, et partout dans le monde !

 

Mgr Eric Aumonier,
évêque de Versailles


Extraits de son homélie

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