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Lettre du Père Georges Colomb, supérieur général des Missions Etrangères de Paris

4 janvier 2016

« L’avenir appartient aux minorités actives », nous rappelait le pape Benoît XVI. C’est à la lumière de cette parole du pape émérite que je vous souhaite une excellente année 2016 dans la joie de la fête de Noël que nous venons de célébrer, la joie de l’Évangile, dont le pape François a fait le thème d’une exhortation apostolique. Une année qui construise l’avenir, et des chrétiens déterminés, forts de la foi et de l’espérance qui les animent, voilà ce qu’attendent, sans nous le dire, nos contemporains. Et ceci, même si nous sommes une minorité comme c’est le cas manifestement en Asie et comme cela le devient en France et, plus largement, dans les pays d’Europe...

Très bonne année à tous: aux salariés qui collaborent à notre travail, aux bienfaiteurs de notre société, aux nombreux bénévoles qui accompagnent les prêtres diocésains venus d’Asie et de Madagascar pour étudier à Paris, à Toulouse ou ailleurs. Ce sont 82 prêtres asiatiques qui bénéficient d’une bourse MEP cette année. Nous sommes heureux de les accueillir, ils nous appor- tent leur histoire, leur expérience, leur sourire. Très bonne année aux confrères qui sont fidèles à la mission, quel que soit le lieu de leur résidence, aux séminaristes, aux jeunes qui sont proches de nous et nous encouragent par leur prière et leurs questions, aux volontaires sur le terrain et à ceux qui se préparent au départ en
France, aux familles des confrères, des séminaristes, des volontaires, des jeunes du foyer vocationnel. Je n’oublie pas les étudiants et jeunes travailleurs asiatiques qui fréquentent le Centre France-Asie ainsi que les salariés et bénévoles de cette belle association.
Que la prière nourrisse votre action au service de l’Évangile, du prochain, de l’Église en mission !

L’importance de la vie consacrée

L’Année de la vie consacrée nous a donné l’occa- sion de réfléchir sur la place et le rôle des consa- crés dans l’Église. Nous mesurons mieux la part qui est la leur dans le témoignage de foi, de vie communautaire, de pauvreté, de fidélité, de chasteté. Il me semble qu’à l’heure où l’homme d’aujourd’hui est le plus souvent un individu isolé, la vie consacrée apporte une espérance et une joie de vivre qui ne sont pas assez connues et appréciées. En ces temps aussi où le monde – prise de conscience écologique oblige – redécouvre les vertus de la sobriété, on ne mesure peut-être pas assez l’importance du signe que peut donner une vie marquée du sceau de la simplicité et en même temps joyeuse et frater- nelle. La lecture de l’encyclique Laudato Si ne peut que nous faire du bien...

Une Année de la miséricorde

Nous sommes entrés dans l’Année de la misé- ricorde voulue par le pape François; comment allons-nous la vivre ? Comment la vivre en vérité, pleinement, cette belle année ? Sans aucun doute le Saint-Père attire-t-il notre attention sur un nouvel art de vivre, celui de la miséricorde per- manente, art de vivre qui devrait être en fait celui de l’Église, de la communauté des chrétiens. Il faut le cultiver, l’approfondir, le faire découvrir, le faire goûter à nos frères car cet art de vivre est un chemin de conversion hautement désirable. Témoigner, par notre parole et le style de notre vie d’un savoir-vivre marqué par l’expérience de la vie à la suite du Christ, voilà un beau pro- gramme ! Arrière les jugements, les anathèmes, place à la miséricorde comme le pape nous en donne l’exemple par son attitude envers cer- tains de nos frères qui prennent des positions parfois jugées « extrêmes » dans notre Église, ou encore avec les personnes éprouvées par la vie, notamment celles qui ont vécu une sépara- tion avec leur conjoint. Il les reçoit, leur tend la main. Il nous invite à nous tourner d’abord vers la miséricorde divine incarnée dans le Christ pour en recevoir le pardon et la force d’aimer à sa ressemblance. « La mort du Christ sur la croix est un jugement du jugement », nous dit Maxime le Confesseur (dans Questions à Thalassios).

Penser la mission à frais nouveaux

Notre Société des Missions Étrangères s’ap- prête à vivre un moment important l’été pro- chain. Comme tous les six ans, elle réunira en assemblée générale les représentants élus de ses dix groupes missionnaires (Cambodge, Chine « Continent et Hong Kong », Corée, Inde, Indonésie, Japon, Singapour-Malaisie, Taïwan, Thaïlande « Thaïlande, Birmanie, Laos », et océan Indien « Madagascar et Maurice ») ainsi que les représentants de l’administration géné- rale (confrères qui sont au service de la Société en France) et de tous les autres membres de la Société qui constituent la Délégation de France, sans oublier les membres de droit que sont le supérieur général émérite, le supérieur général,
son conseil permanent et l’économe général. C’est une chance de pouvoir penser la mission à frais nouveaux, de tenir compte des évolutions diverses pour discerner ensemble et prévoir les réformes nécessaires, et aussi pour adapter nos services aux besoins actuels de la mission en Asie et dans l’océan Indien. C’est aussi l’occa- sion d’être à l’écoute des nouveaux appels qui nous sont adressés, « Écoute ce que l’Esprit dit aux Églises » (Apocalypse 2, 7).
Notre Société compte 6 évêques, 189 prêtres, 4 diacres, 25 jeunes en formation dont 2 jeunes prêtres et 3 diacres dans différents séminaires (23 Français, un Britannique, un Oriental). Quatre autres jeunes confrères préparent une licence canonique ou doctorat à Paris ou à Rome. Le nombre de jeunes en formation est insuffisant par rapport aux appels qui nous par- viennent des Églises d’Asie, de l’océan Indien, et pour combler les vides laissés par les décès, mais vingt-neuf confrères qui se forment pour un effectif de deux cents prêtres, c’est une pro- portion appréciable qui est la garantie d’une continuité de la vie missionnaire et d’un rajeu- nissement de notre institut.

Deux tiers de nos séminaristes ont été volontaires

Cent soixante volontaires sont partis en Asie et dans l’océan Indien en 2015: une légère majo- rité de jeunes filles, quelques couples, de nom- breux garçons. Pour eux, cette expérience (trois mois au minimum, deux ans au maximum) est forte et souvent décisive pour l’orientation de leur vie future. Vingt-cinq volontaires seniors sont engagés au Cambodge. Chaque année, des anciens volontaires MEP sont ordonnés prêtres dans des diocèses de France, des communau- tés religieuses et, récemment encore, certains d’entre eux ont prononcé leurs vœux à l’abbaye de Sept-Fons dans l’Allier.
Les deux tiers de nos séminaristes MEP ont vécu cette expérience de volontariat avec nous. La rentrée 2016 a été correcte puisque nous avons envoyé six jeunes dans trois séminaires différents. Parmi eux, trois ont servi comme volontaires avec nous en Malaisie, au Viet- nam et à Taïwan et cinq ont passé une année au foyer vocationnel Saint-Théophane-Vénard ouvert en septembre 2010.
Nous avons eu la joie, en 2015, de vivre l’or- dination sacerdotale de trois jeunes confrères : Pierre de la Bigne pour Taïwan, Cyrille Delort pour la Birmanie, Barthélemy Loustalan pour le Japon, ainsi que l’ordination diaconale de Vincent Chrétienne pour le Cambodge, Bohdan Jacos pour Taïwan, Brice Testu pour la Thaïlande, Édouard Thomé de Charaix pour Madagascar. Les messes d’envoi des jeunes prêtres partis cette année ont été des temps de prière et de rassemblements émouvants, dans notre chapelle de la rue du Bac, avec les familles et les amis jeunes et moins jeunes de notre institut.

La famille, cellule de base

À l’heure à laquelle je rédige cette lettre pour qu’elle soit publiée dans notre revue Missions Étrangères de Paris, il est trop tôt pour dire ce qui sortira du deuxième synode sur la famille. Toutefois, il faut souligner que l’Asie est le continent où la famille constitue une valeur et une institution particulièrement solides. Certes, la famille n’y est pas épargnée par la sécularisation induite par une modernisation économique et sociale très rapide, mais elle demeure, notamment dans l’Asie sinisée, mais aussi en Afrique, la cellule de base à partir de laquelle l’ensemble des rapports sociaux s’or- ganise. C’est notamment le cas au Vietnam où les trois dernières lettres pastorales des évêques (2013, 2014, 2015) partent toutes de la symbolique que constitue la famille.
Dans de nombreux pays en Asie, l’Église a été aux premières loges pour défendre la famille, notamment lorsque celle-ci a été attaquée par des politiques antinatalistes extrêmement agres- sives (comme cela a pu être le cas en Inde ou au Vietnam, ou bien encore à Singapour et en Corée du Sud). Trois ou quatre décennies plus tard, les gouvernements en place se réveillent avec des démographies totalement déprimées (Japon, Corée du Sud, Hong Kong, Singapour, Taïwan, Chine) et ne savent plus à quel saint se vouer pour inciter les couples à faire des enfants. À force de voir dans les couples et les familles des unités de production et/ou de consommation, les pouvoirs en place sont pas- sés à côté d’une réalité bien plus fondamentale de la famille, à savoir: la cellule de base natu- relle sans laquelle aucune évolution sociale véri- tablement humaine n’est possible.

Un pape qui séduit le monde

Au plan international, l’année 2015 s’est ouverte par le voyage du pape François au Sri Lanka et aux Philippines.
Au Sri Lanka, le pape arrivait alors que les élec- tions présidentielles venaient tout juste de se dérouler et tous craignaient une instrumentali- sation de cette visite par les hommes politiques locaux ou un déchaînement de violences dans un pays qui en est coutumier après les élections. Miracle de la présence de ce pape qui n’en finit pas de séduire le monde, sa visite s’est déroulée dans la joie et la paix. Le Souverain Pontife a personnifié ce rôle de pont que l’Église tient au Sri Lanka, pont entre deux communautés, tamoule et cinghalaise, profondément opposées l’une à l’autre après des décennies de guerre civile. Si un message doit être retenu de cette visite, c’est bien ce rôle de l’Église catholique en Asie: certes minoritaire, mais prô- nant et pratiquant le dialogue entre les peuples, les religions et les cultures au nom de l’égale dignité de tous les hommes, tous enfants de Dieu 1.
Aux Philippines, le pape a effectué un voyage tout aussi triomphal – si l’on en juge par la masse des foules déplacées – et tout aussi dérangeant faut-il ajouter : par ses appels à la justice sociale, par sa remise en cause de l’ordre économique établi, le pape appelle le monde à se convertir. Nous retiendrons tout particulièrement son appel à refuser « toute forme de colonisation idéologique » venue détruire la famille. « Comme nous avons su dire non à la colonisation politique, nous devons dire non à toute forme de colonisation idéologique visant à détruire la famille. », c’est par ces mots prononcés avec force que le pape Fran- çois a exhorté les Philippins « à reconnaître les dangers qui menacent [leurs] propres familles et à se protéger du mal ».

La Chine, sujet de préoccupation

L’avion ramenant le pape de Manille à Rome ayant survolé l’espace aérien chinois, les journalistes ont à nouveau spéculé sur un éventuel réchauffement entre Pékin et Rome. Mais force est de constater qu’en provenance de Chine, c’est le chaud et le froid qui soufflent, plutôt le vent froid, à vrai dire.
L’année 2015 n’a pas très bien commencé: le 15 janvier était publié sur le site Internet de l’administration d’État des Affaires religieuses (ex-bureau des Affaires religieuses), un plan d’action pour l’année à venir. « 2015 sera une année très importante pour le travail religieux », y précisait Wang Zuo An, directeur de cette administration chargée de superviser l’ensemble des activités religieuses en Chine. Dans le langage typique de cette administra- tion, Wang Zuo An déclarait : « Ce travail devra être mené selon la réglementation religieuse en vigueur, afin de promouvoir l’État de droit et de prendre en considération l’opinion des fidèles dès lors qu’il s’agira de mettre en œuvre les directives et les politiques religieuses du gouvernement central. » Parmi les questions prioritaires figurent le soutien dû à l’Association patriotique des catholiques chinois et à la Conférence des évêques « officiels » pour mener à bien l’élection et l’ordination « indépendantes » des évêques catholiques. Rien de bien nouveau donc, sinon la même langue de bois sur la nécessaire indé- pendance des religions en Chine et leur indisLes mois qui ont suivi, bonnes et mauvaises nouvelles se sont succédé. Du côté des mauvaises, le feuilleton sur la mort annoncée, mais jamais confirmée, de Mgr Côme Shi En Xiang, évêque « clandestin » de Yixian, dans la pro- vince du Hebei (il serait mort en prison à l’âge de 94 ans, après près d’un demi-siècle de priva- tion de liberté). Du côté des bonnes nouvelles, l’ordination en juin dernier de Mgr Zhang Yin Lin pour le diocèse d’Anyang (province du Henan), un candidat à l’épiscopat approuvé par Pékin et accepté par Rome.pensable « sinisation ».

Mais si nous avons eu confirmation que Pékin et Rome poursuivaient leurs pourparlers, on doit dire qu’on ne voit pas sur quelle sorte d’accord ou de concordat ces négociations pourraient déboucher. Mgr Ma Da Qin, de Shanghaï, est toujours en résidence surveillée. Des évêques sont toujours en pri- son (et depuis de longues années en ce qui concerne l’évêque de Baoding). Dans ce contexte, le « tra-vail sur les religions » que nous annon- cent les responsables chinois ne peut que
nous inquiéter !

Le silence ambigü du gouvernement indien

Nous savons bien que les chrétiens vivent libre- ment en Inde et qu’il n’y a pas de persécution systématique de nos frères. Toutefois, chacun a en tête les nouvelles rapportant des horreurs telles que le récent lynchage d’un musulman accusé à tort de détenir de la viande de bœuf dans son réfrigérateur ou encore, au printemps 2015, les viols répétés de religieuses catholiques ou la profanation de lieux de culte chrétiens. Dans ce contexte, la publication par le gou- vernement des chiffres du recensement mené en 2011 est très intéressante. Nous notons une très légère diminution de la proportion des hindous, une stabilisation de l’effectif des chrétiens2 et, enfin, une augmentation de la proportion des musulmans dans la société indienne. Telles sont les caractéristiques du nouveau visage religieux de l’Inde.

La menace d’une « christianisation » de l’Inde, régulièrement agitée comme un chiffon rouge par les nationalistes hindous, ne se traduit pas dans les statistiques. Reste à faire en sorte que l’Église ne s’interdise pas d’être missionnaire au motif qu’il serait bien que chacun reste étroite- ment dans « sa » communauté.
Cependant, nous ne pouvons que déplorer le silence du gouvernement indien face aux outrages répétés à l’égard des musulmans et des chrétiens. De nombreux observateurs voient dans ce silence l’approbation gouvernementale de la tentative des groupes extrémistes hindous d’imposer leur idéologie dans un État dont la constitution précise la « sécularité », afin de protéger non pas un seul groupe mais tous les groupes religieux.

Un vent d’optimisme venu du Vietnam

Une note d’optimisme: la situation des chrétiens dans bien des pays d’Asie peut rester difficile mais elle évolue peu à peu. Un exemple: en août dernier, l’épiscopat du Vietnam et le gouvernement de Hanoï ont signé un accord ouvrant la voie à l’ouverture d’un Institut catho- lique à Saïgon. Certes, l’Église au Vietnam est toujours interdite d’enseignement et seuls les jardins d’enfants animés par les religieuses sont tolérés, mais ce grand retour de l’Église dans l’enseignement supérieur est le signe providentiel que des situations complexes et longtemps conflictuelles peuvent se débloquer. Concernant la réalité de ce futur Institut catholique, bien des choses restent en suspens et il faudra les préciser, mais c’est le signe que l’Église, à force de persévérance, de combat et de prière, peut faire évoluer les choses. Le Vietnam est devenu un pays plus accueillant pour les catho- liques étrangers qui peuvent plus facilement qu’autrefois partager leur foi.
Nos confrères en Asie et dans l’océan Indien sont au service de l’Église locale et exercent leur ministère en paroisse, en aumônerie, dans l’enseignement, auprès d’aréopages éloignés de la communauté chrétienne (pensons à saint Paul à Athènes ; voir Actes des apôtres 17, 22).

Partout, ils annoncent l’Évangile par le témoignage de leur foi, de leur solidarité, de leur présence fidèle. Ils sont aussi la voix de nos frères chrétiens que des gouvernements autoritaires voudraient faire taire. Certains vivent une certaine précarité, dans l’incertitude au sujet du renouvellement de leur visa, d’autres sont interdits de séjour en Chine. Ils s’adaptent aux situations les plus variées.

Impliquer davantage les laïcs

Le missionnaire demain pourra servir en brousse ou dans les mégapoles d’Asie. La diversité des situations de notre Église entraînera une grande variété de missions. Les besoins de l’Église dans le domaine de la formation sont grands. Il en est de même pour l’accompagnement des jeunes prêtres beaucoup trop souvent livrés à eux-mêmes et pour celui des religieuses dont la formation est négligée dans certains pays. La formation est une réponse aussi éprouvée que nécessaire, tout parti- culièrement quand la sécularisation fait irruption dans des sociétés et des communautés qui en avaient été longtemps protégées. Mais ce n’est pas la seule réponse. Nous ne pouvons pas, en effet, nous contenter d’observer la croissance des communautés évangéliques, il convient d’analyser ce phénomène et d’en tirer les conclusions qui s’imposent pour nous catholiques. Nos frères fidèles laïcs sont trop peu engagés au service de la mission, notre Église est trop cléricale. Aussi, de nombreuses familles, voire des aires géo- graphiques sont abandonnées. Cette remarque est aussi valable pour la France. Il faut en finir avec les églises fermées, les célébrations à 20 kilomètres ou plus de la résidence des com- munautés chrétiennes parce qu’il faut aller là où le prêtre célèbre la messe. Non, il faut aller sur les lieux de vie des chrétiens et des non- chrétiens. Et quand l’eucharistie ne peut mal- heureusement pas être célébrée parce que le nombre de prêtres est insuffisant, il faut que les chrétiens se réunissent, que les églises soient ouvertes, ce ne sont pas des musées. Comment faire pour que la louange de Dieu soit assurée en veillant à la beauté des offices liturgiques ?

Il faut aussi que la foi soit transmise et que l’Église soit présente dans la vie locale !

Ni nostalgiques, ni frileux

Nos groupes MEP en Asie et dans l’océan Indien seront certes moins étoffés qu’ils ne l’ont été, c’est un fait, mais ce n’est pas une raison pour réduire la voilure selon une logique qui est celle du monde, et qui cache, sous prétexte de sagesse et de réalisme, ce qu’elle est en fait: une logique du déclin. Annoncer l’Évangile à temps et à contretemps, c’est l’essentiel de notre mis- sion, aujourd’hui comme hier, dans un monde qui évolue très vite mais qui a toujours autant besoin d’être aimé, consolé, libéré... évangélisé. Annoncer joyeusement l’Évangile, c’est la seule chose qui continue d’attirer chez nous des jeunes, certes très différents des générations passées, mais souvent aussi enthousiastes que généreux, dans un paysage vocationnel français par ailleurs largement sinistré. Annoncer l’Évangile, témoigner de notre foi avec
d’autres, avec l’Église locale qui nous accueille, avec les autres missionnaires venus de l’étranger, voilà l’ordre du jour ! Il faut certes allé- ger notre bagage, nous dépouiller pour être plus libres dans notre marche, mais ni réduire la voilure, ni diminuer la vitesse du navire. Demain comme hier, la mission est une ardente obligation pour toute personne baptisée et a fortiori pour tout prêtre; cela n’est pas une affaire personnelle. Gardons notre manière à nous de témoigner de cette joie de l’Évangile à laquelle nous invite notre pape François, avec cette authenticité qui touche tant de cœurs. Le fait que nous soyons les membres d’une belle société mis- sionnaire qui compte de nombreux saints et mar- tyrs ne nous donne aucun droit, mais bien plutôt des devoirs. Le premier de ces devoirs est de répondre présent aux appels de l’Église locale !
Ce sera le travail de notre assemblée générale: donner des orientations pour que nous ne soyons pas un club de vieux garçons nostal- giques du temps passé et frileux pour le temps à venir, mais une société de prêtres, un institut missionnaire qui forme des jeunes de plus en plus nombreux pour que grandissent l’Église et le Royaume de Dieu !


 

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