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Messe d’envoi des lauréats de la Bourse de l’Aventure Chrétienne (BACh)

2 juillet 2012

Homélie prononcée le samedi 30 juin, à la Chapelle des Missions Etrangères

(Lamentations 2 – Psaume 73 - Saint – Matthieu 8,5-17)

 

L’antiquité chrétienne nous permet d’apprécier toujours mieux l’enracinement humain et chrétien de l’Eglise des premiers siècles, particulièrement de l’Eglise romaine, et d’ouvrir ainsi à tous l’accès aux sources si riches de sa spiritualité. En ce jour où nous fêtons les premiers martyrs de l’Eglise de Rome, nous pensons à la ville éternelle, aux plus anciennes basiliques, aux catacombes, à la Rome des premiers temps du christianisme, la Rome des apôtres, la Rome des martyrs. Cette Rome, qui vit les premiers pas de l’Église, est en même temps à l’origine de la grande culture dont nous avons héritée, cette Rome éternelle que nous aimons parce que le Saint-Père est le successeur de Pierre le martyr.

Celui qui participe à l’amour du Christ pour l’homme ne peut pas ne pas être rempli de tristesse et de crainte devant les vies qui sont sacrifiées ou menacées, devant les souffrances et les épreuves des combattants et des populations civiles des pays en guerre. Nous pouvons tous illustrer cette tristesse qui nous envahit par des images, des exemples pris dans de nombreux pays au Moyen-Orient et ailleurs. Le livre des lamentations que nous avons lu vient nous rappeler que la misère humaine, les invasions, les guerres sont de tous les temps. Partout où il y a l’homme, il y a aussi la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, la mort !
Mais aucune distance géographique et aucune divergence idéologique ne peuvent affaiblir le sentiment de fraternité qui nous unit à tout être humain vivant en ce monde, même s’il n’est pas baptisé. Nous devons penser aussi que parmi les militaires et les civils qui sont pris dans la guerre ici ou là, certains sont nos frères dans la foi.
En cette fin d’année universitaire aux Missions Etrangères, comment ne pas rendre grâce car partout où il y a la grâce de Dieu à l’oeuvre, dans tous les pays où servent les volontaires, partout où il y a l’homme qui répond à la grâce de Dieu, il y a la vie, il y a l’espérance, il y a la fraternité.
Le Pape Benoît XVI dans son livre «Lumière du monde» résume cette dichotomie, ce double visage de l’homme qui tue et de l’homme qui sauve, il cite Saint-Augustin : « L’histoire du monde est une lutte entre deux formes d’amour : l’amour pour soi-même, jusqu’à la destruction du monde et l’amour pour les autres jusqu’au renoncement à soi-même. ».
Au nom de Jésus-Christ, l’homme doit prendre le chemin qui croise son frère dans tous ses combats pour plus de dignité, plus de liberté, plus d’humanité, combats que mènent de nombreux chrétiens aujourd’hui dans le monde. Seul ce chemin peut nous conduire à la joie véritable. Vous le menez, chers amis volontaires, vous le menez chers amis qui avez participé au concours du prix de l’Aventure chrétienne, vous le menez, chers Amis de l’Aide à l’Eglise en Détresse en apportant l’aide matérielle dont nos églises sœurs ont besoin tout spécialement dans les pays où sévissent des régimes totalitaires, où domine une idéologie perverse. Vous menez ce combat aussi en participant à l’oeuvre d’évangélisation dans le monde. Le développement auquel nous contribuons se distingue de celui conduit par des ONG humanitaires, car nous considérons que l’homme n’a pas seulement besoin d’aides matérielles, mais qu’il a droit à la connaissance de Dieu qui l’aime, à la rencontre avec le Fils par les évangiles, à la vie du corps du Christ qu’est l’Eglise ! Pour nous chrétiens :
• Jésus Christ, Verbe de Dieu, fait homme, est le don le plus grand que Dieu ait fait à l'humanité: «Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle» (Jn 3, 16).
• Le Christ est en même temps la réponse la plus fidèle de l'homme à Dieu, en tant que fils obéissant à la volonté du Père, depuis son incarnation jusqu'à l'offrande totale de lui- même sur la croix.
• Le Christ ne garde pas pour lui l'amour et la mission du Père, mais il y fait participer ceux qui croient en Lui. Le soir de Pâques, il annonce à ses disciples: «Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie», et il leur donne son Esprit pour une vie nouvelle, libérée du péché et du mal (Jn 20, 21-22).
Ainsi, un extraordinaire cercle de communion missionnaire animée par l'Esprit Saint, entraîne toute l'histoire de l'humanité. Le Père donne le Fils au monde (cf Rm 8, 32); le Fils répond au Père, en se donnant entièrement à Lui pour nous (cf Jn 19, 30); les disciples, auxquels Jésus a confié un mandat, portent son Evangile à tous les peuples, sûrs de sa présence à leurs côtés jusqu'à la fin du monde (cf Mt 28, 19-20).
L'Eglise se reconnaît dans cette dynamique de «don-réponse» et la vit de multiples manières. Elle la place comme fondement de sa vocation missionnaire, pour faire entrer tous les hommes dans la joie du don et dans la responsabilité de la réponse: «vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement» (Mt 10, 8). C’est cette joie de la réponse que je souhaite à chacun d’entre vous car la réponse au don de Dieu libère, elle fait grandir. Voyez dans l’évangile que nous venons de lire combien le centurion romain, un païen, grandit dans sa foi par sa réponse confiante qui fait l’admiration du Seigneur ! Que tout se passe pour chacun d’entre nous selon notre foi, voilà le vœu que nous pouvons formuler les uns pour les autres ! Alors bon vent, bon voyage, bonne mission et sur la route des hommes avec le Seigneur pour annoncer l’évangile, allez toujours plus loin, toujours plus longtemps !

 


Père Georges Colomb,

Supérieur Général des Missions Etrangères de Paris 

Les trois lauréats de la Bourse

 

Le lauréat du premier prix, Etienne de Baudus

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