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Messe d'Envoi des pères Damien FARHNER, Antoine-Marie PETIT et Philippe RITTERSHAUS

8 juillet 2011

Le samedi 2 juillet à 17h à eu lieu à la Chapelle des Missions Étrangères, la Messe d'envoi de trois jeunes prêtres MEP.
Les pères Damien FARHNER, Antoine-Marie PETIT et Philippe RITTERSHAUS partiront respectivement au Cambodge, en Inde et au Japon.
La Messe d'Envoi a été suivie d'une procession dans le jardin jusqu'à l'Oratoire de la Vierge Marie où leur a été remise par le Supérieur Général la croix du missionnaire.
Texte de l'Envoi prononcé par le Supérieur Général.

 

 Allocution prononcée par le P. Georges COLOMB, Supérieur Général des Missions Etrangères, à l'issu de la Messe d'Envoi à l'Oratoire de la Vierge, le 2 juillet 2011.

 

 

Chers Confrères, Bien chers Antoine-Marie, Damien, Philippe,

Nous voici à nouveau réunis ensemble d'abord dans notre chapelle, de laquelle des milliers de confrères ont été envoyés en mission, puis maintenant dans cet oratoire à quelques semaines de votre départ pour l'Asie afin de vivre ce moment simple et émouvant qu'est la remise de la croix des partants. Cette dernière liturgie, brève et profonde, vient comme ressaisir toutes les cérémonies, tous les engagements, le don de vous-même au Christ et à son Eglise que vous venez de vivre ces derniers mois dans la célébration du diaconat et celle de l'ordination sacerdotale. En un sens, le geste silencieux de la remise de la croix résume tout ce qui s'est accompli en faisant de vous les prêtres du Seigneur crucifié auxquels l'évêque a dit le jour de l'ordination : "recevez l'offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu. Ayez conscience de ce que vous ferez, imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites et conformez-vous au mystère de la croix du Seigneur".

 

Cette croix que vous recevez vous indique le chemin de la fidélité à Jésus, à votre sacerdoce et à la vie missionnaire qui va commencer pour vous. Elle parle à la fois de ce dépouillement que vous allez connaître mais aussi d'une mystérieuse renaissance. En effet, d'un côté, vous sentez bien tout ce que ce départ vers l'Asie va entraîner comme renoncement par amour du Christ, de l'Eglise et de tous ceux auxquels vous êtes envoyés, y compris les païens que Dieu aime comme l'a écrit notre confrère le Père Jacques Dournes. Vous devrez laisser les sécurités de votre vie française et de tous les liens affectifs qui vous ont soutenus jusqu'à aujourd'hui, même si, comme vous le savez, vos familles et vos amis vous accompagneront désormais par une prière encore plus intense et par une affection et une amitié qui n'auront d'égales que celle des amis asiatiques qui vous accueilleront. Vous laissez aussi les sécurités d'un monde chrétien, même s'il est paganisé, mais avec son admirable héritage culturel, pour vous avancer vers des terres que le christianisme a si peu modelées et c'est bien le défi qui vous attend, sinon vous resteriez chez vous dans votre département ! Et puis vous pressentez aussi bien d'autres dépouillements, la difficulté d'entrer dans un pays où les missionnaires ne sont pas accueillis avec le tapis rouge, les aléas de la mission, les échecs, les déceptions et bien d'autres épreuves encore.....

 

 

Mais aux jours difficiles, ne détournez pas votre regard de cette croix qui vous est confiée aujourd'hui. Elle reliera ce qui peut vous sembler totalement absurde, incompréhensible, voire scandaleux dans votre vie de jeune missionnaire, au mystère de la kénose de Jésus à laquelle vous êtes appelés à participer. Pourtant, vous savez aussi
que le mystère pascal est ce pont du ciel qui relie le vendredi saint au matin radieux de Pâques. C'est pourquoi, je ne peux pas passer sous silence la lumière que cette croix signifie. Vous partez, en effet, vous mourrez à vous -même, mais pour renaître au Cambodge, en Inde et au Japon. Là, au fil des temps, votre être sera transformé, comme s'il était transfiguré d'une manière que vous ne pouvez pas encore soupçonner et rappelez-vous la promesse de Jésus que tout vous sera
redonné au centuple dans le mystère de sa Résurrection, à laquelle vous-même vous participerez.

 

 

 

Dans ce centuple, je ne voudrais mentionner qu'une seule chose. A ceux qui se laissent conformer au mystère de la croix du Seigneur comme vous y exhortaient vos évêques respectifs le jour de votre ordination, il est donné de devenir une vivante manifestation de la vérité, c'est-à-dire du Christ. Avant de prêcher par des paroles, vous devrez prêcher par la cohérence, par la vérité silencieuse de vos
vies. Si vous êtes des images du Seigneur crucifié et ressuscité, vous donnerez à vos frères bouddhistes, hindous ou shintoïstes de découvrir le coeur de l'expérience chrétienne dans tout sa beauté inégalable, insurpassable !

 

 

D'ailleurs, en allant jusqu'au bout de ce chemin de la croix et en devenant vous-même des "êtres pascals", des hommes nouveaux, vous serez à même de rejoindre vos frères et sœurs du Cambodge, de l'Inde et du Japon de la façon la plus efficace qui soit. Tout d'Abord, en portant en votre personne les cicatrices de la passion comme le Christ ressuscité, vous pourrez vous approcher de la souffrance de ces peuples. Comment ne pas penser, en te voyant Damien, à la tragédie cambodgienne alors que vient de s'ouvrir le procès de quatre responsables khmers rouges ? comment ne pas être habité comme toi Philippe, par la blessure du Japon, celle du récent tremblement de terre, mais aussi celle de toute une jeunesse qui a échoué dans les idoles mortifères de notre époque ?

 

 

Enfin, comment ne pas être atteint avec toi, Antoine-Marie, par toutes les fractures religieuses et sociales qui déchirent l'Inde ? Ainsi, c'est parce que vous-mêmes serez purifiés par le creuset de la solidarité dans la souffrance que vous deviendrez capables de porter la douleur d'un peuple et que vous pourrez, en communion avec le Seigneur, vivre en profonde communion avec ces peuples éprouvés. Vous ferez comme nos confrères de Chine, du Cambodge, du Vietnam, du Laos, de la Birmanie, hier et ceux du Japon, aujourd'hui, vous ne quitterez pas le navire, le pays éprouvé, notre Eglise ! Vous n'êtes pas des gens ordinaires, vous n'êtes pas de "expats" prêts à prendre l'avion à la moindre secousse. A l'appel de l'Eglise vous répondrez toujours "présent !".

 

 

Ensuite, vous pourrez rejoindre chacun de vos amis d'une façon encore plus efficace en vous efforçant de parler leur langue, de comprendre leur culture, leurs traditions et en les respectant comme vous y invitent les instructions données par le Pape Alexandre VII à nos fondateurs au XVIIème siècle.

 

 

Ceci, vous l'accomplirez dans le mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur. Souvenez-vous de ce que dit Saint-Paul au sujet du Seigneur de gloire : " toutes choses ont été récapitulées en lui" (EP1,10). Ainsi donc, il est devenu le contemporain de tout homme, le frère de tout homme, celui qui ne cesse d'aller à la rencontre du cœur de l'homme à travers toute l'histoire. Vous-mêmes, en vous conformant au mystère de la croix du Seigneur, vous deviendrez, en Christ, le prochain de tout homme, le frère de tout homme, qu'il soit cambodgien, indien ou japonais..et parce que vous aurez été fidèles jusqu'au bout à celui qui vous a appelés, qui
vous a consacrés et vous a envoyés en mission, alors, vous deviendrez pour chaque frère rencontré en Asie, des fontaines de cette eau qui jaillit en vie éternelle et qui saura désaltérer la multitude.

  

 

 

 

 

 

Mes chers confrères, Antoine-Marie, Damien et Philippe, il est temps de vous laisser partir en vous remettant cette croix du Seigneur en laquelle, à l'instar de Saint-Paul et de tous les confrères qui vous ont précédés ici, résidera votre unique fierté (cf Ga 6, 14).

Partez hérauts de la bonne nouvelle !

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