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Pentecôte 2012 : Les MEP envoient 5 prêtres en Asie

29 mai 2012

Le jour de Pentecôte 2012 : messe d'envoi en mission des pères Donatien Davaine, Etienne Frécon, Ivan Ponsonnet destinés au groupe Mep Singapour-Malaisie et des pères Emmanuel Poppon et André Kim destinés au Japon.
Voici le texte de l'homélie du Supérieur général lors de la messe d'envoi et du mot d'envoi prononcé également le Supérieur général à l'issu de la célébration de l'envoi à l'Oratoire de Marie, reine des martyrs.

Homélie de la messe d’envoi de cinq confrères eu Japon et à Singapour – Malaisie

Fête de la Pentecôte 27 mai 2012 – Chapelle des M.E.P.

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« Je suis venu jeter un feu sur la terre et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! » (Lc 12, 49). Frères et sœurs bien-aimés, l’ardent désir du Christ s’est accompli quand, après sa mort, sa résurrection, son ascension, il a répandu l’Esprit-Saint pour renouveler la création toute entière et c’est pourquoi aujourd’hui nous sommes rassemblés, nous fêtons la force de l’Esprit !

 

En ce jour de la Pentecôte, le feu divin descend sur les apôtres, il se partage en langues et se pose sur chacun d’eux afin qu’ils soient tous remplis par cette lumière bienheureuse (cf. Ac 2, 3). Non seulement l’Esprit-Saint vient envahir le cœur des onze réunis avec la Vierge Marie et ceux-ci s’expriment en des langues jusque là inconnues – mais l’Esprit est donné aussi à l’humanité toute entière désormais à même d’entendre la nouveauté de l’Evangile chacun dans sa langue maternelle : « Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes » (Ac 2, 9-11).

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A travers cette énumération qui jette un pont entre l’Orient et l’Occident et qui retentit d’une façon unique dans notre chapelle des Missions Etrangères, nous contemplons l’Eglise en son premier matin et nous découvrons émerveillés le mystère de sa catholicité – c’est-à-dire le mystère d’une multiplicité humaine unifiée par la proclamation des merveilles de Dieu le Père, unifiée par l’Esprit qui passe de continent en continent, traverse les cultures, transfigure les civilisations et brise les murs dans lesquels chaque peuple voudrait se replier dans sa particularité, son nationalisme, voire son chauvinisme.

Cette unité nouvelle de la Pentecôte n’est pas l’uniformité qui supprime toute différence et qui a trouvé dans la Bible une illustration inoubliable à l’époque de Babel. Nous connaissons tous cet épisode dans lequel l’humanité a été possédée par le désir idolâtrique de bâtir, avec ses propres forces, « une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux » (Gn 11, 4). En ce temps-là, l’homme était empli du péché des origines – l’orgueil de vouloir ravir le feu sacré, de pénétrer de lui-même dans le Mystère de Dieu pour s’emparer de celui-ci et le réduire à sa mesure trop humaine. Pour cela, les fils d’Adam ne pouvaient que s’appuyer sur une unité gagnée par la force dont nous n’avons cessé de voir la maléfique illustration dans toutes les dictatures, tous les totalitarismes du XXème siècle dont certains système idéologiques ont laissé des séquelles visibles en Asie aujourd’hui encore ! Et puis n’oublions pas tous les projets où l’homme joue à se faire Dieu dans de nombreux domaines de la
bioéthique, de la naissance à la mort. Tout est possible, tout est permis à l’homme qui se prend pour Dieu. Le critère de ses décisions, c’est la quôte de popularité, c’est la satisfaction des désirs de tel ou tel groupe de pression, ce n’est pas celui du droit naturel ou celui du bien commun !

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Au cours de cette histoire humaine tragique qui ne cesse de se répéter, nous voudrions que le Seigneur descende à nouveau « pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties » (Gn 11, 5) et qu’il protège l’humanité de l’autodestruction comme il le fit jadis pour les habitants de Babel en confondant leur langage et en les dispersant sur toute la face de la terre (cf. Gn 11, 9) !

Il est d’ailleurs émouvant que la Bible s’achève dans la contemplation de l’accomplissement de cette promesse en « la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descend du ciel, belle comme une jeune mariée parée pour son époux » (Ap 21, Déjà, au matin de la Pentecôte, cette « Demeure de Dieu avec les hommes » apparaît dans l’Eglise elle- même, reposant sur les douze fondations que sont les apôtres et resplendissant de toute la diversité des peuples qu’elle accueille et qui deviennent les assises unique de ses remparts faites, nous dit l’Ecriture, de jaspe, de saphir, de calcédoine, d’émeraude, de sardoine, de cornaline, de chrysolithe, de béryl, de topaze, de chrysoprase, d’hyacinthe et d’améthyste (cf. Ap 21, 19-20). Dans cette ville qui n’a plus besoin de l’éclat du soleil ou de la lune, les portes resteront à jamais ouvertes à l’Orient et à l’Occident, au Nord et au Midi, afin que toutes les nations, marchant à la lumière de l’amour du Fils et du Père, viennent présenter les trésors des rois de la terre (cf. Ap 21, 24-26).

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Frères et sœurs, dans le feu répandu par le Seigneur ressuscité, dans l’Eglise, nous découvrons en toute clarté le sens de notre mission. Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’à l’épisode de Babel fasse suite la vocation d’Abraham qui « par la foi, obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage » attendant « la ville pourvue dont Dieu est l’architecte et le constructeur » (He 11, 8-10). Aux apôtres et à nous-mêmes, tels de nouveaux Abraham, le Seigneur dit encore : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai » (Gn 12, 1) car « vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous et vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Désormais, nous ne sommes plus le peuple de Babel rongé par l’orgueil de se hisser au ciel pour s’emparer du feu divin mais nous sommes le peuple saint habité par l’Esprit d’amour et envoyé pour renouveler la face de la terre en propageant le feu que Jésus donne sans mesure afin que nous hâtions la venue de la Jérusalem céleste en proclamant les merveilles de Dieu dans toutes les langues de la terre et en incrustant au cœur de la catholicité de l’Eglise la splendeur de chacun des peuples transfigurés par la lumière de l’Evangile.

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Nous pensons à vous chers Donatien, Emmanuel, Etienne, André et Ivan. En cette nouvelle Pentecôte, le Seigneur répand son Esprit sur vous comme il l’a fait au jour de votre baptême, de votre confirmation et de votre ordination sacerdotale et comme il ne cesse de le faire chaque fois que vous recevez son pardon et que vous communiez à son corps ressuscité. Ce matin, il vous envoie, il vous conduit vers les grandes villes de l’Asie – au Japon et à Singapour. Pour l’Eglise et pour nous, ces villes, mégapoles, sont l’un des appels missionnaires les plus pressants comme l’a rappellé de nombreuses fois le bienheurex Pape Jean-Paul II et, comme à Saint Paul s’approchant de Corinthe, le Seigneur vous dit : « j’ai à moi un peuple nombreux dans cette ville » (Ac 18, 10). Oui, ils vous attendent ces disciples du Christ qui ne connaissent peut-être pas encore son nom. Ils vous attendent ces assoiffés de l’Esprit qui ne savent pas encore où désaltérer leur désir le plus cher. Ils sont là au cœur des foules innombrables, jeunes étudiants ou hommes d’affaires de la finance internationale, pauvres immigrés fuyant la misère de leurs pays ou vieillards abandonnés dans l’anonymat le plus amer des grandes cités, artistes cherchant un rayon de la beauté absolue dans la grisailles des rues ou petits enfants tentant de s’ouvrir au mystère plus haut que les flèches de tous les gratte-ciels… Sur chacun d’eux, vous appelerez l’Esprit afin qu’il se pose en d’innombrables langues de feu. A chacun d’eux, vous annoncerez l’Evangile qui les conduira vers le Père. Et vous convierez chacun d’eux au banquet eucharistique au cœur de la cité de Dieu – dans la communion de l’Eglise là où toutes nos solitudes sont abolies dans l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit, dans ce feu que le Seigneur Ressucité est venu jeter sur la terre. Ainsi soit-il, bonne mission, chers confrères !

 

 

Mot d’envoi de André, Donatien, Emmanuel, Etienne, Ivan – 27 mai 2012

Oratoire des Martyrs

 

Chers frères et sœurs,

Chers Donatien, Emmanuel, Etienne, André et Ivan,

 

dsc_0415.jpgAu terme de notre célébration de la Pentecôte, nous nous retrouvons dans cet oratoire dédié à la Reine des martyrs dont les murs portent les noms de nos saints confrères martyrs en Corée en Chine et au Vietnam. Avec eux et ceux du Japon qui nous ont précédés dans la cité promise, nous voulons implorer à nouveau l’Esprit pour vous qui allez partir au Japon et à Singapour. Nous voulons aussi l’implorer pour vos familles et vos amis venus vous entourer, pour chacun de nous, pour la Société des Missions Etrangères et pour toute l’Eglise. N’est-ce pas en fait au pied de la croix qu’il faut venir pour recevoir celui que le Seigneur a promis – là où, selon saint Jean, le Seigneur dit « tout est accompli » et il « donna l’Esprit » (Jn 19, 30), là où « ayant aimé les siens jusqu’à la fin » (Jn 13, 1), il put leur conférer « le don parfait qui vient du Père des Lumières » (Jc 1, 17) ?

Ce que nous demandons maintenant pour vous, c’est ce que saint Paul écrivait dans la lettre aux Galates que nous avons entendue ce matin : « puisque l’Esprit vous fait vivre, laissez-vous conduire par l’Esprit » (Ga 5, 25). Nous supplions l’Esprit de venir vous couvrir de son ombre comme il le fit pour la Vierge Marie, afin que s’enfante en vous toute la nouveauté de Jésus – cette nouveauté qui se reconnaît à ses plus beaux fruits : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, humilité et la maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23). Ce dont vous aurez besoin désormais, c’est que l’Esprit vous transforme de jour en jour pour que vous soyez au cœur de vos terres de mission la présence même de la création nouvelle que le Seigneur Ressuscité a instaurée dans le Mystère de sa Pâque. Voilà pourquoi, nous revenons une dernière fois au lieu où sont honorés les saints martyrs, au pied de la croix avant votre départ, voilà pourquoi chaque jour vous devrez méditer ce mystère que vous rappellera la croix que je vais vous confier dans quelques instants. Lorsqu’il a livré sa vie dans son amour extrême pour son Père et pour chacun de nous, Jésus en ouvrant ses bras sur la croix, a ouvert les portes du monde renouvelé par la puissance de l’Esprit.

C’est sur ce chemin de lumière que vous marchez désormais, en prenant votre croix, en vous laissant transfigurer par l’Esprit de sainteté. Dans sa force, puissiez-vous donner votre vie sans mesure, au jour le jour, là-même où Il vous guidera.

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Puisse-t-il aussi chasser de votre cœur toute peur comme il le fit pour les apôtres au matin de Pentecôte ! Oui, puisse-t-il chasser de chacun de nos cœurs toute peur afin que nous allions jusqu’au bout du chemin de l’amour à la suite de Jésus. C’est aussi ceci que nous implorons en ce moment et laissez-moi vous confier pour la route ces quelques paroles du Pape Benoît XVI prononcée lors de la Pentecôte 2009 :

 

L’Esprit Saint vainc la peur. Nous savons que les disciples s’étaient réfugiés au Cénacle après l’arrestation de leur Maître et y étaient restés enfermés par peur de subir le même sort. Après la résurrection de Jésus, leur peur ne disparaît pas à l’improviste. Mais voilà qu’à Pentecôte, lorsque l’Esprit Saint se posa sur eux, ces hommes sortirent sans peur et commencèrent à annoncer à tous la bonne nouvelle du Christ crucifié et ressuscité. Ils n’avaient pas peur, parce qu’ils se sentaient entre les mains du plus fort. Oui, chers frères et sœurs, l’Esprit de Dieu, là où il entre, chasse la peur ; il nous fait savoir et sentir que nous sommes entre les mains d’une Toute- Puissance d’amour : quoi qu’il arrive, son amour infini ne nous abandonne pas. C’est ce que montrent le témoignage des martyrs, le courage des confesseurs de la foi, l’élan intrépide des missionnaires, la franchise des prédicateurs, l’exemple de tous les saints, certains même adolescents et enfants. C’est ce que révèle l’existence même de l’Eglise, qui, en dépit des limites et des fautes des hommes, continue de traverser l’océan de l’histoire, poussée par le souffle de Dieu, et animée par son feu purificateur. Avec cette foi et cette joyeuse espérance, nous répétons aujourd’hui, par l’intercession de Marie : « Envoie ton Esprit, Seigneur, qu’il renouvelle la face de la terre ».[1]

 

Chers confrères, vous avez passé beaucoup de temps en Europe, il est temps de partir, bonne mission et bon vent !

Georges Colomb, supérieur général des Missions Etrangères de Paris

 

 

[1] Benoît XVI, Homélie pour la Penecôte 2009.

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