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Vouloir servir, c’est aussi accepter la réalité. Les aventures et découvertes de Constantin en Chine.

Constantin, 21 ans, est parti proposer ses services de chef scout pendant un mois en décembre 2014 dans plusieurs paroisses du nord de la Chine.
Il nous raconte ses surprises, et sa rencontre avec le peuple chinois et les chrétiens qui l’ont accueilli.

On a souvent de grand et beaux idéaux sur le service, faits d’histoires de chevaliers bâtisseurs de cathédrales ou libérant des villes de leurs assaillants. Mais vouloir servir c’est aussi accepter la réalité du service. Une réalité beaucoup plus humble, parfois difficile, mais qui apporte toujours la vraie Joie. Voilà ce que j’ai compris en partant un mois en Chine, à l’aube de Noël 2014, pour toucher du doigt la vie des catholiques chinois et des missionnaires MEP sur place. Il m’a fallu sortir de mon confort, partager le quotidien de fidèles vivants dans la misère de la campagne chinoise, symbole d’une Chine à deux vitesses où le faste des capitales internationalisées est vite remplacé par l’humilité d’une chaumière non chauffés par -10°C dehors.


A Beijing, les volontaires MEP se relaient depuis 15 ans dans le même appartement du quartier des ambassades, ressassant inlassablement le message du Christ à une communauté francophone souvent désorientée par des années d’expatriations en conditions spirituelles difficiles. Cours de catéchisme, service de la messe, accueil de jour pour adultes handicapés et activités scoutes sont le lot hebdomadaire du jeune volontaire MEP qui trouve dans la prière quotidienne la force de poursuivre sa mission.


À quelques 450km de là, le petit village de Gaocheng voit fleurir sa communauté paroissiale, emmenée par un prêtre chinois formé en France. Sur 10 000 habitants, on en retrouve 2 500 à la messe chaque dimanche. L’Église, qui n’a rien de cachée dans cette province du Heibei, a également ouvert une école, une maison de retraite hébergeant une communauté de sœurs, et un centre paroissial. Le temps des persécutions est loin et seuls les évêques sont encore impactés par les activités du Parti. Dans ces provinces du Nord, l’Église de Chine souffre beaucoup plus du matérialisme et de l’égocentrisme culturel de ses habitants que de toute autre persécution.


Le vendredi soir, la mère supérieur fait 5km en vélo électrique. Arrivé dans la cour d’une ferme traditionnelle, une pièce a été transformée en chapelle. En moins de 3 minutes nous sommes une cinquantaine dans ce local minuscule pour louer Dieu, lire et partager l’Évangile du dimanche.


À 80km de Tianjing, un autre prêtre chinois formé en France tente de sauver la paroisse de son village. L’exode rural participe à la difficulté de la tâche, et on dit bien souvent la messe sans électricité dans ces endroits désertés par les jeunes et délaissés par les autorités.


Mais quelques soit la ville, quelque soit la situation, la mission demeure. Le peuple de Chine est lui aussi appelé au Salut, et nuls doutes que la graine semée depuis si longtemps finira par germer dans l’Empire du Milieu.

 

Constantin