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La Cité du Paradis, par le père Olivier Prohomme, père MEP en Thaïlande

Vous êtes toujours aussi nombreux à demander des nouvelles de la mission de Chongkheb et de Popra. Cette dernière année, après la reconnaissance par le gouvernement de l'Ecole de la Sagesse, nous venons d'ouvrir une seconde école : l'Ecole des Bons Amis située à Maesot. L'originalité de cette école est que tous les enfants scolarisés sans exception sont réfugiés de Birmanie. Le gouvernement a entendu notre demande suppliante et a finalement accueilli notre projet. Il s'agit donc d'une première, non seulement au niveau local, mais aussi au niveau national.

       Face à ces deux reconnaissances officielles, plusieurs changements ont été effectués dans les trois centres principaux, c’est-à-dire ceux de Chongkheb et de Popra. Depuis leur création, ces trois centres d’accueil ont été la maison de plusieurs milliers de jeunes. Plusieurs activités ont été destinées à les aider, mais malgré celles-ci, aucun personnel qualifié n’a jamais été mis en place pour les soutenir au maximum. Le système « le plus grand aide le plus petit » a souvent dominé et les quelques professeurs qui sont venus travailler dans ces centres portaient tous en eux les mêmes problèmes que les jeunes et les enfants. La totalité des enfants et des jeunes de ces centres arrivait de Birmanie et souvent avec un bagage assez lourd dans leur histoire personnelle. Au bout de 10 ans de présence il m’est facile de pointer les différents points d’achoppements des jeunes et des enfants :

  •  une forte incapacité identitaire à se situer dans la société actuelle, voire un refus qui se traduit par une fuite perpétuelle dans tous les secteurs
  •  le handicap scolaire, le complexe d’infériorité très accentué
  •  un sentiment de peur
  •  le refus de l’autorité parentale, des problèmes familiaux
  •  des problèmes financiers…


       La vie quotidienne se voit alors ponctuée par la violence, l’alcool. Cette fuite de soi-même empêche tout idéal d’être atteint. Je viens d’entreprendre, de relever, la tâche de proposer à ces jeunes et à ces enfants d’être encadrés en fonction de tous les évènements de leur histoire. Mes 10 ans de présence ici me donnent aujourd’hui le recul nécessaire pour débuter cette nouvelle étape dans la vie de Chongkheb et de Popra. Pour commencer, nous avons limité le nombre des jeunes et des enfants à 50. Cela, afin de les suivre quotidiennement et d’être toujours présents face à leurs différentes requêtes. Actuellement, je suis à la recherche d’une équipe spécialisée et qualifiée dans l’accompagnement des jeunes et des enfants tel que je viens de vous le décrire. Souvent, les jeunes et les enfants de nos centres ont été marqués par des reproches leur rappelant leur manque de qualités humaines alors espérons que ce nouveau chantier, lancé depuis la rentrée de mai 2009, permettra de donner plus de bonus et plus de qualités humaines à nos jeunes et à nos enfants accueillis dans nos centres.

Bien entendu, je confie ce vaste projet à votre prière,

P. Olivier Prodhomme, MEP