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Ouverture et bénédiction de l’Ecole de la Sagesse et de l’Ecole des Bons Amis, Thaïlande

Deux jours seulement après l’ordination de notre nouvel évêque Mgr Joseph Pibul Visitnondachai, les centres de Chongkheb et de Popra, les différentes écoles sous la direction du cercle des Bons Amis, villageois de Cholotai et des environs, et de nombreux parents d’enfants réfugiés et installés dans la région de Maesot, s’apprêtent et s’acheminent vers les deux lieux de rendez-vous de la journée. Le 14 septembre, à 9h30 à Cholotai pour l’ouverture de l’Ecole de la Sagesse et à 14h00 à Maesot pour l’ouverture de l’Ecole des Bons Amis.

       La journée commence tout d’abord par la bénédiction et l’ouverture de l’école de la Sagesse. Enfin, le jour tant attendu est arrivé. Après, plus de quatre années d’un long et difficile travail, d’un contact journalier avec les différents administrations, de la difficulté de trouver les sommes nécessaires à la construction. L’école de la Sagesse, emplantée depuis plus de 30 ans, renaît et commence sa nouvelle vie. Le contact a été difficile et aurait pu faire décourager même les plus grands missionnaires, mais le résultat est là. 300 enfants de la maternelle au CM2 dont 130 réfugiés de Birmanie animent maintenant la vie de cette école. 13 professeurs anciens et nouveaux, gèrent avec sœur Maurice le bon déroulement et la qualité de l’enseignement nécessaire. L’Ecole de la Sagesse de Cholotai est une école privée sous contrat et est classée parmi les écoles sans but lucratif, ce qui fait que l’Etat assure 100% des dépenses courantes. Merci à Mgr Pibul Visitnondachai et à Mgr François Xavier Kriengsak Kovithavanij, archevêque de Bangkok, d’avoir assuré la bénédiction de ce nouvel ensemble. En plus de ces deux évêques, deux autres évêques de Birmanie, ainsi que le supérieur des congrégations des soeurs de Saint Paul de Chartres, du sacré cœur de Bangkok et des dominicains représentaient les autorités religieuses. Le secrétaire d’Etat s’occupant de la gestion des écoles privées sur le territoire national représentait les autorités civils, il était accompagné du préfet, sous préfet et des différents autorités militaires du secteur. La matinée s’est déroulée dans un esprit calme et recueilli. Outre les villageois venus nous rejoindre pour l’occasion, il faut noter la présence d’un group de jeunes volontaires venu de Londres et qui chaque année viennent assurer quelques services et prennent en charge les projets nécessaires du moment. Merci également à eux d’avoir été témoin de ce moment solennel. La matinée s’est terminée par un grand banquet qui a réuni villageois, écoliers et invités.

 

       Pendant que chacun s’installait autour des tables pour le repas du midi, je me dirigeai alors vers Maesot pour rejoindre l’Ecole des Bons Amis. A 14h00, ce ne sont plus 300 enfants qui nous attendent comme à Cholotai, mais plus de 1 300 installés sous des tentes. Ce ne sont plus les enfants des agriculteurs de Cholotai, mais tous des enfants réfugiés de Birmanie plus ou moins installés dans la région de Maesot. Nos évêques de Thaïlande et ceux de Birmanie, ainsi que les différents autorités civils et militaires, nos invités de marque, c’est-à-dire ceux qui nous avaient rejoint à Cholotai; nous rejoignent donc à Maesot, pour cet autre moment important de l’histoire de l’Eglise locale. L’Ecole des Bons Amis est une école du même type que celle de la Sagesse. A priori elle ressemble à tous les autres écoles, mais à la différence près, qu’aucun des enfants scolarisés ne possèdent la nationalité thaïe. Tous sont issus de Birmanie et aujourd’hui sans statut et reconnu par aucune autorité. Il s’agit donc d’une grande première, faire reconnaître une école par le gouvernement thaï, qui assure 100% du budget et qui délivrent les mêmes diplômes que ceux dispensés sur tout le pays, mais à des enfants qui n’ont pas la nationalité thaïe. Si l’on connaît les relations tendus qui existent entre la Birmanie et la Thaïlande depuis des siècles, et si l’on connaît l’attitude des Thaïs vis-à-vis à des réfugiés, on peut vraiment dire que cette école est née de la volonté de Dieu et qu’il s’agit du miracle Divin. Merci à tous ceux qui m’ont soutenu dans cette entreprise, merci de nouveau le résultat est là ! La bénédiction de l’Ecole de Bons Amis s’est terminé par un concert qui nous à tous réjouis jusqu’au coucher du soleil.

 

       Aspects missionnaires de ces deux projets.

 

       Il ne faudrait pas parler de l’aspect missionnaire de ces deux projets, mais des aspects missionnaires, car ces deux projets engagent la vie de l’Eglise, près d’une population aussi à l’écart et reconnue que par peu de personnes. Les deux projets sont la reconnaissance de la place de l’Eglise :

 

 

       Au milieu des plus pauvres. L’Ecole de la Sagesse et l’Ecole des Bons Amis scolarisent uniquement les plus pauvres du secteur. Plus de 75% de ces enfants ne seraient pas scolarisés si ces deux écoles n’étaient pas là. Au milieu des réfugiés, la population touchée par ces écoles ne font pas défaut.

 

       Au milieu des non croyants. L’Ecole des Bons Amis, avec ses 15 professeurs, 3 musulmans, 2 protestants et 10 bouddhistes. Seul le Père est catholique et nous cheminons ensemble depuis plus de 5 ans. Tous les enfants et parents d’élèves, finalement ne prennent connaissance du message du Christ, que par ces deux écoles.

 

       Au milieu des autorités civils et militaires, qui sont bien souvent hostiles au milieu catholique. Ces quatre années de travail pour la reconnaissance de ces deux écoles m’ont montré que beaucoup de fonctionnaires et parfois des attachés des différents ministères concernés étaient admiratif du travail fait par l’Eglise catholique.


       En ce qui me concerne, je suis heureux d’avoir été témoin de ces deux projets, heureux de les avoir portés dans ma prière durant ces quatre années et heureux de les accompagner aujourd’hui d’une autre manière. Je ne peux que rendre grâce à Dieu, pour cette belle expérience ; la date de la bénédiction de ces deux écoles à été choisie par les autorités, je l’ai reçue comme un signe de Dieu, Fête de la Croix Glorieuse. Si la vie du missionnaire est semée de souffrance, alors j’ai compris qu’il faut aimer la souffrance et la désirer, véritable chemin de conversion.

 

      Aimer c’est bien

      Prier c’est encore mieux

      Souffrir c’est vraiment choisir la vie de Dieu

 

      En remerciement à tous ceux qui ont accompagné et participé à l’élaboration de ces deux projets. Un grand merci à Mlle Sourie, ma collaboratrice au centre des Bons Amis.

 

 

P. Olivier Prodhomme, MEP