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Rencontre avec Nicolas LEFEBURE, prêtre Mep

Quel a été votre parcours avant d’intégrer les MEP ?

Le parcours est simple : vie familiale et scolaire à Rouen, engagement fort dans le scoutisme ; ensuite, études de gestion à Paris, suivies de neuf années d’expérience professionnelle, successivement dans le Bâtiment et les Assurances. L’approfondissement de la foi pour moi-même et la proposition de la foi à des lycéens ont attisé en moi l’intuition d’un appel à la prêtrise, déjà ancien. J’en ai parlé avec un prêtre. Enfin, je répondais à la vocation.

Comment vous est venue votre vocation de missionnaire ? Avez-vous déjà vécu des expériences de ce type ?

Une grâce m’est donnée, assurément, de savourer toute rencontre humaine marquée par la différence culturelle et la recherche religieuse. J’ai découvert les peuples d’Asie à l’occasion de voyages et de missions ponctuelles ; le courant passe bien, je me sens en communion avec eux, respectueux de leur patrimoine, curieux de leur sens religieux, sûr de ma foi, sans inquiétude, et plein d’espérance. Je crois en l’édification de l’homme dans le partage universel de l’Evangile et à la fraternité des églises locales en retour.

Le pays de votre mission est la Thaïlande. Comment vous êtes-vous préparé à cette mission ?


Trois points essentiels. D’abord, la formation au séminaire et la vie pastorale dans mon diocèse d’origine : accepter de recevoir d’autrui est pour moi une leçon vitale ; j’aime l’Eglise et lui fait confiance. Ensuite, participation, chez les MEP, à des sessions de réflexion sur la Mission, à des témoignages sur le travail apostolique contemporain, et à des rencontres autour de nos aînés. Enfin, j’ai choisi de ne pas en rajouter et de me laisser surprendre par la Thaïlande qui m’accueille ! L’inattendu et l’étrange font parti de la Mission ; une bonne disposition de cœur vaut mieux qu’un gros balluchon et des valises de dossiers.

Quel est votre rôle sur place? La place de l’Evangélisation, du travail social, du dialogue interreligieux?

Pour l’heure, j’apprends le thaï, ce qui demande beaucoup de temps et d’énergie. En Thaïlande, je puis désormais communiquer avec les gens, c’est une gratification importante, après tant d’efforts. Au terme de ma troisième année d’études, je serai opérationnel en Thaïlande où de nombreux confrères m’ont précédé depuis 350 ans déjà. Là-bas, le christianisme, extrêmement minoritaire, est surtout connu par ses œuvres, que les catholiques thaïs développent avec brio. L’évêque de Nakhon Sawan devrait plutôt m’appeler à travailler parmi les minorités ethniques défavorisées.

Comment annoncer l’Evangile dans un pays où la population catholique est peu nombreuse ? Quel est le message du chrétien aux pratiquants de la religion majoritaire, le bouddhisme ?

Les thaïs font déjà beaucoup de choses très bien. Ils ont de l’audace et se donnent les moyens de l’action. Par ailleurs, de nombreuses ONG sont présentes dans toutes les grandes causes internationales. L’effort de développement reste important dans certaines régions. Certes, le missionnaire doit y contribuer. Mais notre message n’est pas d’abord celui de l’équipement. Les cœurs sont en attente, et seul l’Amour miséricordieux de Dieu peut les remplir. Mon travail, par delà les projets économiques et sociaux, sera d’aider à faire éclore cette nouvelle relation.


Etes-vous seul ou avec d’autres prêtres missionnaires ? Quels sont vos liens avec vos confrères MEP et avec votre diocèse d’origine ?


La région MEP Thaïlande compte 25 confrères et se réjouit de se voir affecter le diacre nouveau David Schockaert. Nos rencontres à la maison régionale ou sur le lieu de travail se font au gré des missions, rassemblements ou affinités. Une retraite annuelle nous réunit tous ensemble une fois par an. Je tire mon chapeau à mes confrères qui sont des hommes de foi persévérants et courageux. Du côté de mon diocèse, j’envoie une lettre aux amis paroissiens de Rouen tous les 6 mois. A l’avenir, il sera important pour moi de pouvoir aussi compter sur des amis thaïs ; le sourire au Siam permet de n’en pas douter.