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Le père Wang : une vie donnée au Christ pour l'Eglise de Chine

Le père Jean Wang aimait beaucoup L’Eglise. Il priait avec ferveur la Vierge Marie pour laquelle il avait une grande dévotion. Cette dévotion l’amenait à traiter les gens avec la bonté et aussi la miséricorde de Marie pour tous les hommes. Il fut un très bon prêtre.

       Il est né le 3 septembre 1932, à Wenzhou dans une famille profondément chrétienne. Il avait sept frères et sœurs. Il était le troisième. Depuis son plus jeune âge, ses parents l’ont éduqué dans la foi catholique et religieuse. Il était enthousiaste pour le Seigneur.

       En 1950, il est pharmacien dans une pharmacie à Wenzhou, mais également supérieur de la communauté de Notre-Dame de la Miséricorde. Il guide cette communauté, et la réunit pour la prière. A ce moment là, il a perçu l’appel de Dieu et rencontre le vicaire général Su du diocèse, accompagné de son Père, pour parler de sa vocation. Il demande alors au vicaire général la permission d’entrer au séminaire. En 1952 Il laisse son métier et son salaire élevé pour entrer au séminaire et il commence la formation en vue du sacerdoce.

        Dès le commencement de sa vie au séminaire, il est confronté à la suspicion du maire de la ville à cause de son influence auprès des 10 séminaristes autant par sa manière d’être que de sa grande bonté. Le maire de Wenzhou est très critique et furieux vis à vis du père Jean Wang.

       La maire le critique ouvertement en Assemblée Générale, au cours de laquelle il a déclaré: "Les hommes droits de la classe ouvrière ne sont pas des exploiteurs. " ce qui laissait sous-entendre que l’influence du Père Jean pouvait être assimilé à une exploitation des séminaristes. Ce discours du maire n’entama pas son amour de Dieu, ni son amour pour les autres mais il renforça un bénévolat religieux qui devint de en plus solide.

       En 1953, en tant que bénévole religieux le Bureau de la sécurité publique, l’accuse de mettre en danger la sécurité nationale et le soumette à des interrogatoires au tribunal militaire . En 1955, l'Église catholique en Chine subi de grandes persécutions. Le diocèse de Wenzhou ne fait pas exception, Le 8 Septembre 1955, de nuit, les milices, la sécurité publique et les policiers entourent la résidence du vicaire général Su de Wenzhou qui est arrêté dans l’Eglise de zhu zai shi.

       La grande persécution continue et un mois plus tard, le matin, deux prêtres sont arrêtés , par les policiers : le père wang yi jiu et le père chen xi whi mais aussi un séminariste ainsi que le père Jean WANG qui était alors séminariste. Pendant leur détention ils n’ont mangé que deux fois par jour de la soupe de riz.

       C’est un an plus tard que le père Jean retourne à son Eglise de zhu zai shi. Il continue d’être surveillé par la police. Dans la même période l’Eglise avait changé de statut. Elle était devenu l’Eglise officielle « Amour-Patriote ». Sur son Eglise cette expression était inscrite pour bien affirmer qu’elle était devenue une Eglise nationale séparée de Rome.

       A son retour, il restait cinq séminaristes et si les cours continuaient c’étaient des cours de politique. Le Père jean, reprenant les cours, n’a pas pu accepter ce genre de formation car disait-il : je ne suis pas venu pour étudier la politique mais la philosophie, la théologie ainsi que la langue latine pour devenir prêtre.

        Cette réaction du Père Jean a entraîné la colère du professeur et le lendemain le Père Wang a été de nouveau arrêté et condamné à 8 ans de travaux forcés dans une ferme à Qiaosi dans la province de Zhejiang. Au bout de 8 ans il fut trouvé insuffisamment converti à la pensée du pouvoir politique et condamné à une nouvelle peine de 13 ans dans un camp de travail à Anji dans la même province . Pendant cette longue période de vie de camp de travail il fut torturé physiquement et mentalement au point d’en être détruit dans physique comme dans son mental. Il ne nous est pas possible de dire tout ce qu’il a vécu.

       Un capitaine lui a demandé de rédiger une confession, mais le Père Wang a en fait déclaré: «Je crois en Dieu, et je n'ai pas enfreint la loi." Comme il était "têtu", on lui a attachées mains derrière le dos et suspendu à un toit par les deux pouces durant 24 heures, au terme de ce temps là les deux pouces étaient noir et l'engourdissement a supprimé toute, perception. Le Père s'en est remis complètement à Dieu et dans la douleur garde confiance et ne désespère pas. Il ne baisse pas la tête dans les moments difficiles, le jour au travail, l'école du soir à la politique et secrètement la nuit il se soigne ses pouces à l’acupuncture (dans la ferme, il a pendant un moment travaillé dans la clinique pour rendre des services et c’est formé à l’acupuncture). Chaque matin au sport Wang arrive toujours en tête, ce que critique son chef mais lui supporte ses critiques. Mais dans toutes les difficultés rien ne tuera son amour du Seigneur. Rien ne peut tuer en lui l’amour filial qu’il a vis à vis du Seigneur. Un seul objectif pour lui : suivre le Seigneur, c’est porter sa croix et faire avec le Seigneur son chemin de Croix Pas de place pour le retour en arrière. Comme la Vierge faire en tout la volonté de Dieu, comme elle garder les paroles de Sagesse et croire qu'il y aura un beau jour dans l'Eglise. Sa vocation initiale donnera des germes, un jour elle produira des fruits et, c'est, parce qu’il s’est appuyé sur une telle foi et une telle persévérance que le 17 février 1977, c'est le calendrier lunaire chinois 30, il a été libéré après 22 années de rudes épreuves, et a pu retourner à la maison avec sa famille pour passer la fête du printemps et rendre grâce à Dieu avec toute sa famille.

       Selon l’Ecriture « Dieu éprouve ceux qu’il aime ». C’est l’expérience vécue par le Père Jean quand il rentra chez lui. Pendant sa captivité, sa mère etait décédée mais il ne l’avait pas su., Il apprit aussi que son troisième frère Cheng-Shan Wang venait comme lui de rentrer d’exil à Xinjiang dans un camp de travail. Il rentrait malade physiquement et mentalement. Son ,quatrième frère travaillait à l'agriculture mais lui et sa famille vivaient dans une grande pauvreté.

       Le Père Jean a 45 ans, il n'est pas encore à la prêtre. Son enthousiasme est toujours aussi fort pour vivre au service de l’Eglise. Pour gagner sa vie il travaille dans, le dispensaire du village de Samsung. Il trouve un équilibre de vie entre travail et études car il est autonome par son travail , A la paroisse de Yongqiang il reçoit l’aide du Père Qun Chen qui le conseille et lui apporte son aide de prêtre, Grâce à lui il est ordonné prêtre le 26,juin 1983, Enfin il voit s’accomplir son désir d’être prêtre qu’il portait en lui depuis de longues des années

 

       En 1987, après la mort du Père Chen, curé de Yongqiang paroisse de plus de dix mille catholiques. Le nouveau prêtre qui remplace l’ancien c’est le Père Jean qui se retrouve avec une lourde charge pastorale. Il commence à vivre un nouveau chapitre de la mission et consolide le cœur de la vie Paroissiale. Il provoque des réunions paroissiales, offrant une variété de projets :, toutes sortes d'échanges, de partage, d’ activités culturelles pour enrichir la vie chrétienne de la jeunesse, pour la pratique des sacrements, la construction d'églises. Il s’est préoccupé de toutes les personnes en difficulté et tout particulièrement il prit soin des pauvres. Il n'a jamais hésiter à utiliser l’argent reçu pour acheter des cartes religieuses, des livres pour la formation des chrétiens, des icônes. Souvent il se souci des familles pauvres en leur apportant son aide. Sa propre vie est vécue dans la simplicité et la pauvreté : une cuisine simple et des vêtements simples . Pour lui la qualité de la nourriture n’a pas d’importance car c’est pour vivre. Il est sans prétention dans toute sa vie, préoccupé à être proche de toute personne. Son dynamisme c’est celui de l’amour du Bon Pasteur et donc de l’Evangélisation.

 

       Le père aime beaucoup l’Eglise. L’ancien curé a été pour lui un témoignage de foi. Cet exemple de vie sacerdotale l’a amené à beaucoup insister sur « l’Eglise sainte, catholique et apostolique ». Son action l’amené à entrer de nouveau en conflit avec « l’Eglise patriote ». Il fut arrêté de nouveau en 1999 et assigné à résidence avec présence 24h sur 24 de policiers. Il tomba malade et malgré les traitements médicaux sa santé se détériora autant physiquement que mentalement. Le 12 Janvier 2010 il s’est endormi dans la paix du Seigneur à l’âge de 78 ans

       On ne peut pas oublier tout ce que fut la vie du père Jean Wang Il fut reconnu dans sa vocation à former des jeunes. Tous les jeunes prêtres, les religieuses de Wenzhou, ont beaucoup reçu de lui. Il disait souvent: « il faut cultiver les vocations même si elles n’aboutissent pas. L’important c’est de former des chrétiens même si ils ne deviennent pas prêtres, ou religieuses, Il souhaite former des chrétiens enthousiastes.

       Il a souvent dit aux chrétiens: "Dans chaque paroisse il faut au moins deux religieuses car leur témoignage est essentiel pour l'évangélisation." A cette époque, où il n'y a pas de religieuses et, bien que très pris par la pastorale quotidienne, une fois par semaine il parle de la vocation dans des classes de jeunes et les forme pour travailler dans les paroisses. Des jeunes viennent à cette formation et il leur assure l'hébergement, la nourriture, et facilite leur études, Son Église de Can He est devenu le berceau de beaucoup de vocations

       Le père Jean Wang fut rempli d’amour. Dans son ministère son cœur était brûlant de l'amour du ciel. Sa vie a puisé en Marie cet amour. Son attachement à Notre-Dame l’a conduit maintes fois à exhorter les chrétiens à vénérer la Vierge et en particulier dans les situations difficiles. Chaque jour, il n’oubliait pas avant d'aller dormir de confier à la Vierge Marie sa mission en la chantant afin de « suivre son exemple en demeurant fidèle à sa vocation».

       Aujourd'hui, le bien-aimé Père Wang nous a quittés mais tout ce qu’il a fait pour nous dans sa mission est toujours. Cette pensée ne cessera pas d’être présente en nous, car notre diocèse lui doit beaucoup. Prions pour lui afin que Dieu notre Père, dans son grand amour et sa miséricorde lui donne la joie éternelle et sa place de bon serviteur de l’Evangile.