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Des nouvelles du Bertrand de Bourran, père MEP à Madagscar

La nouvelle mission de Tsarahasina où j’œuvre depuis 4 ans s’installe petit à petit et commence à porter du fruit. Le regard des gens sur l’Eglise se transforme, ceci est dû à une meilleure connaissance qu’ils en ont en voyant les sœurs, les séminaristes et les prêtres œuvrer. Ce n’est pas toujours facile mais c’est passionnant de suivre le Christ et de témoigner de son amour pour les hommes dans diverses activités.

Au niveau politique, Madagascar a eu un nouveau président depuis un an et un gouvernement depuis 10 mois. Dans les provinces nous ne voyons pas beaucoup le travail du gouvernement. Tout le monde vit dans l’attente de nouveaux projets qui tardent à arriver. Le Premier ministre vient de démissionner avec son gouvernement. Il a rencontré beaucoup de blocages politiques. Le gouvernement n’était pas gêné par des idéologies mais plus par des intérêts personnels de chacun. La conscience politique doit encore être développée et façonnée depuis la base jusqu’au sommet. L’Eglise œuvre dans ce sens avec le mouvement Justice et Paix, par des formations sur les devoirs et les droits des citoyens. Les élections des maires devraient avoir lieu le 17 juillet mais rien n’est encore sûr. Depuis 2009, l’économie du pays vit au ralenti mais en brousse les gens cultivent la terre et vivent malgré tout sans ce soucier des problèmes politiques qui agitent le microcosme de la capitale. Cela est une chance car ainsi le pays reste calme mais c’est aussi un malheur car sans conscience politique du peuple en brousse les responsables en profitent. Les dirigeants politiques comme beaucoup de responsables dirigent sans projet à long terme, sans perspective d’avenir. Cela est grave car la population est passée de 6 millions d’habitants en 1960 à environ 24 millions aujourd’hui. Or les diverses infrastructures ne suivent pas cette évolution.

Au niveau du diocèse, Monseigneur Georges a pris en main la responsabilité du diocèse depuis fin décembre 2014. Il fait des tournées pastorales et parfois même à pied. En tant qu’économe du diocèse, je l’épaule pour mettre en place les structures du diocèse qui n’existent pas encore : petit séminaire, évêché, nouvelles paroisses... Il insuffle un nouveau souffle en pastorale. Dans le diocèse, sont présents 14 prêtres diocésains dont un à la retraite, deux étudiants en France et trois diacres qui vont être ordonnés cette année. Il y a aussi cinq prêtres spiritains dont deux Polonais et deux prêtres malgaches des Pères de la Salette ; plus nous, quatre prêtres des Missions Etrangères de Paris dont un Coréen qui étudie le malgache. Nous sommes donc 21 prêtres en pastorale, répartis sur 7 presbytères sur une superficie de 20 000 km2, pour une population d’environ 750 000 habitants avec moins de 2% de catholiques. Cette année les Pères de la Salette sont arrivés pour œuvrer dans le diocèse, dans un secteur de brousse. D’autres congrégations suivront peut-être. Le diocèse scolarise 10 858 élèves dans 52 écoles. Il y a donc encore un gros travail missionnaire à réaliser ici. Mais la mission a commencé il y a 2 000 ans et elle se poursuivra dans les générations futures accompagnée par l’Esprit Saint.
Au niveau de la nouvelle mission de Tsarahasina, nous continuons à mettre en place les locaux pour mieux travailler. Grâce aux efforts continus de Clémence, volontaire MEP ingénieur en bâtiment, et au chef de chantier Ladin, cette année nous avons terminé les bâtiments de l’école. Au total, nous avons donc 3 salles en préscolaire, 10 salles en primaire, 8 salles au collège, plus une bibliothèque et une salle de réunion. Nous avons aussi bâti une maison pour les gens de passage et les volontaires (un studio et 3 chambres). En ce moment nous terminons le presbytère, 3 bureaux et 3 chambres, plus garage, poulailler, château d’eau et puits. Tous ces chantiers ont pu être réalisés grâce à l’aide d’organismes et à l’aide que j’ai reçu de beaucoup d’entre vous. Merci à vous tous, par votre générosité vous nous avez permis de réaliser de grandes choses ici.

En brousse, nous avons également construit un bâtiment de trois salles de classe dans trois villages, et six salles sont actuellement en construction dans un village au bord du goudron. Chaque chantier en brousse, de par l’approvisionnement en matériaux via des routes impossibles et leur suivi, est un casse-tête d’organisation et une aventure qui éprouve la patience.

Mais grâce à ces structures, cette année nous avons pu accueillir un peu moins de 500 élèves à Tsarahasina et presque 600 en brousse dans 6 écoles. Le suivi des écoles de brousse, la formation des profs et des comités scolaires est un vrai challenge. Dans quatre écoles, nous avons changé les dates des grandes vacances pour les décaler à la saison des pluies, saison chaude où les enfants peuvent aider les parents à cultiver la rizière. Cette solution satisfait tout le monde. Nous avons bâti en plus, dans un village, une maison pour l’accueil des formations des filles, et une sœur infirmière y tient un dispensaire le jour du marché. A l’école agricole ont été construites 4 chambres pour accueillir les filles en internat.
 

Comme vous pouvez l’imaginer pour 2015 il reste encore des projets :

  • - terminer le presbytère,
  • - clôturer l’école,
  • - construire des maisons pour les enfants de brousse, - construire un dispensaire,
  • - une église de 800 places,
  • - deux églises en brousse,
  • - deux écoles de trois salles.


Dans le diocèse à Port-Bergé :

  • - un petit séminaire pour 40 élèves,
  • - un évêché avec 18 chambres, chapelle, réfectoire, cuisine, salle de réunion...


Plusieurs entreprises vont être sollicitées pour ces travaux. Un volontaire va arriver à Port-Bergé pour suivre les chantiers. Ici, à mes côtés, travaille un couple de volontaires MEP. Marie, médecin, travaille au dispensaire public de Tsarahasina. Damien, son mari, est notaire. Il rédige les rapports des chantiers et va nous aider pour les papiers afin de commencer le bornage des terrains de la mission. Travaille aussi un séminariste en stage et deux jeunes qui ont le Bac et se préparent à rentrer au séminaire.
Toutes ces activités que j’assure, accompagné par des volontaires, ne m’empêchent pas de réaliser ma mission de prêtre à Tsarahasina. Je visite toujours les 30 communautés, à pied le plus souvent, parfois en moto en la chargeant sur une barque métallique pour traverser les rivières. Les communautés sont petites en général et plus ou moins dynamiques mais on voit partout des gens qui se lèvent pour étudier la foi et suivre le Christ. Durant la semaine sainte, nous avions 83 catéchumènes qui sont venus au centre pour vivre ce temps fort de notre foi. Ce fut une découverte pour eux et un temps important de formation.

Devenir chrétien pour certains en brousse, c’est être marginalisé par rapport à la famille, au groupe. La mentalité évolue lentement mais il reste encore beaucoup de difficultés. Les catéchistes sont encore peu formés sur le plan de la foi et sur le plan humain. Les jeunes de brousse qui étudient partent en ville pour travailler. En brousse ne restent que ceux qui n’ont pas pu faire des études. Il faut donc travailler avec eux. Les chrétiens en général font de gros efforts pour faire étudier leurs enfants et ainsi beaucoup quittent le village.
Vous avez pu lire quelques nouvelles sur la vie d’une nouvelle mission en brousse malgache. Mais pour bien comprendre cette vie, il faut venir passer quelques jours ici. La porte est toujours ouverte...
Malgré l’actualité, que cette année vous aide à grandir dans la confiance en celui qui a offert sa vie pour témoigner de son amour pour nous. Que la miséricorde divine vous permette d’approfondir votre foi en celui qui vous attend dans votre vie quotidienne.


Père Bertrand

 

Ecole de Tsarahasina  : http://www.sparknews.com/fr/video/ecoles-de-madagascar-missions-etrangeres-de-paris