Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
Document Actions

Circuit Aventure en Chine, été 2015


Réflexions d’un séminariste MEP ayant participé à ce circuit de découverte de l’Eglise en Chine

 

Devenir MEP, c’est bien sûr aimer l’Asie. Mais c’est aussi l’éprouver, par son corps autant que par son esprit, sentir ses odeurs, contempler ses paysages, découvrir ses cultures.

C’est pourquoi les séminaristes des Missions Etrangères de Paris sont envoyés pendant l’été en apostolat en Asie –un mot qui doit s’entendre ici comme école.

Aussi, cet été, la Chine m’a accueilli pendant six semaines. Occasion de me frotter à l’une des deux grandes civilisations du continent asiatique bien sûr (l’autre étant la civilisation indienne), et occasion aussi de saisir un tant soit peu le contexte de l’Eglise en Chine, pour moi qui suis destiné à vivre l’Eglise loin de mon propre pays.

Un voyage itinérant de trois semaines, un prêtre MEP, trois séminaristes et deux jeunes : voilà planté le décor du premier temps de cette aventure : le « camp Chine ».

Commençant par dix jours dans le Yunnan, -province montagneuse du sud-ouest de la Chine, à la frontière avec le Tibet et la Birmanie-, nous avons visité les communautés chrétiennes de la vallée de la Salouen. Enfin nous avons été reçus par ces communautés plus que nous les avons visitées devrais-je dire.

Ce temps fut un pèlerinage à la suite des premiers missionnaires qui évangélisèrent cette vallée. Ce fut donc avec émotion que nous sommes passés dans les villages chrétiens, où paroisses et presbytères construits par ces pionniers se dressent là, témoins de la présence de ceux qui sont mes aînés sur le chemin de la mission.

Outre l’accueil de ces communautés, c’est l’espérance qui devait habiter ces prêtres qui ébranle. Quelle grandeur dans ces projets, quelle audace dans ces structures mises en place il y a des décennies ! Ces prêtres voyaient vraiment grand pour l’Eglise de Chine : voilà la conclusion. Un exemple parmi d’autres : la taille des petits et des grands séminaires, témoins de pierre de la confiance que ces missionnaires avaient dans l’Eglise chinoise de demain. Témoignage qui ne va pas sans interrogation : qui pouvait prévoir l’avènement du communisme, entraînant une profonde destruction de l’Eglise de Chine ?

 

Après ces communautés chrétiennes, la seconde partie du camp Chine se tint dans la province du Guizhou, province à l’est du Yunnan. Davantage de confort, visites culturelles, hébergement soit dans les paroisses, soit à l’évêché de Guyang : la découverte d’une autre facette de l’Eglise de Chine en somme, après celle rurale et traditionnelle de la Salouen. Une Eglise chinoise à la situation complexe, une Eglise chinoise divisée parfois, meurtrie, mais courageuse bien souvent. En témoignent les nombreuses rencontres de jeunes chinois à la foi profonde. Accompagnés durant cette partie du voyage par un jeune prêtre MEP arrivé depuis un an en Chine, nous avons pu échanger sur la joie du ministère sacerdotal, mais aussi sur les questions se posant irrémédiablement à un tout jeune missionnaire faisant face à un pays-continent.

Troisième et avant-dernière partie de ce périple, hors camp Chine : Cheung Chau, île située à une heure de Hong Kong, dans un centre spirituel jésuite où je me suis rendu pour effectuer ma retraite d’été, me préparant à l’ordination diaconale que je recevrai en septembre.

Cette retraite terminée, je suis pour finir resté dix jours à la maison MEP de Hong Kong, pour arpenter la ville et visiter les paroisses des MEP en mission là-bas. L’ancienne imprimerie de Hong Kong, l’ancien sanatorium destiné aux MEP malades, sans oublier Macao –ancien comptoir portugais d’où partirent de nombreux missionnaires-, voilà le paysage de ces derniers jours asiatiques. La compagnie d’un vieux père MEP, ancien missionnaire au Vietnam et ancien procureur de San Francisco et de Hong Kong, prenant cette année sa retraite en France, aura contribué à la beauté de ces jours, et m’aura surtout appris d’innombrables choses, comme la situation de l’Eglise en Chine et la politique du groupe MEP Chine. Enfin, ma rencontre avec l’évêque de Hong Kong fut une grande joie, joie toutefois mêlée de désemparement face à la complexité de la situation ecclésiale en Chine.

J’en conclus malgré tout que l’Eglise de Chine a de beaux jours devant elle.

Edouard