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Circuit aventures en Chine - Témoignage de Maximilien

"Je voulais faire de ce voyage une occasion de renouer avec la prière régulière et personnelle. Ce voyage m’a construit intérieurement."

Mes attentes


Ce n’est pas la première fois que les MEP m’aident à partir à l’étranger pour faire un voyage extra-ordinaire : l’an passé je suis parti en Inde pour un circuit-aventure. J’en ai retiré une riche expérience humaine et spirituelle. Etait-ce le pays et sa grande piété ? La gentillesse de ces habitants, connu ou inconnus ? Quoi qu’il en soit je suis revenu ravi de ce voyage, convaincu que ce que j’avais vécu, je voulais 1) le revivre, et 2) le proposer à d’autres.
Pourquoi la Chine La Chine m’attirait car le pays se trouve aux antipodes de l’Inde, la grande religiosité des Indiens s’opposant en effet à l’esprit matérialiste (confucéen ?) chinois. Aller au-devant de cette mentalité, de ce pays et de ses habitants, si différents de ce que j’ai pu rencontrer au cours de ma vie, voilà donc un programme qui m’attirait.
Je garde en tête cet adage : « les voyages forment la jeunesse », assez vieillot certes, mais qui se confirme à chaque fois en fin de compte !

 

Le circuit-aventure en lui-même


Dès le départ, la découverte du pays a été surprenante : à Kunming, nous étions comme des fourmis, écrasés par le gigantisme des villes chinoises, en quelque sorte. Les constructions, partout, en ville comme à la campagne, étaient nombreuses, qu’il s’agisse d’immeubles ou de routes, etc. J’y reviendrai par la suite car j’ai réfléchi à l’impact de cette urbanisation à la fin de ce circuit.
Bien sûr Kunming n’a pas été LA destination de ce circuit. Très rapidement nous nous sommes dirigés vers les marches du Tibet et vers les communautés catholiques. L’accueil que nous avons reçu était tout particulièrement chaleureux dans la vallée de la Saluen, que ce soit dans la « petite » ville de Gongshan (35000 habitants), ou les villages plus en amont. C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai vu à quel point les chinois et les tibétains étaient différents. De ce que j’ai pu voir les chinois n’ont pas la gentillesse des tibétains, le contact n’est pas si facile à faire. Bien sûr des exceptions existent, par exemple lorsque Clément s’est perdu dans une immense ville à la nuit tombée, ce sont des jeunes chinois qui l’ont guidé.
Les tibétains catholiques ne sont pas en reste bien sûr question gentillesse, nous avons été accueillis comme des rois/mandarins. Partout, on nous offrait ce qu’il y a de mieux, au détriment de leur propre confort. Je voulais venir dans ces villages si loin de tout, dans le but de découvrir et de partager avec ceux que je rencontrais. Mais ce qui se produisait alors était l’exact inverse : c’était moi qui recevais une leçon sur le don et le partage.
Malheureusement et c’est ce que je craignais en partie avant de partir, rares sont ceux qui parlent anglais. Même si le contact est simple entre les locaux et nous, les choses se compliquent dès lors que l’on veut échanger sur leur vie quotidienne, leur foi catholique, comment ils voient la vie en ville… Fort heureusement nous étions accompagnés de linguistes confirmés ! Nous pouvions donc avoir quelques idées sur la vie de ces villageois qui nous ont accueillis, nous ont hébergés, nous ont fêtés, ont prié avec nous.
La foi justement, est ce qui a motivé beaucoup de français à participer à ce circuit. Prier et célébrer le Seigneur dans des lieux si loin de tout, entourés d’une communauté forte, quelle expérience ! Ce fut particulièrement le cas à l’occasion de la fête mariale. Une foule de catholiques, venue de tous les villages alentours, se regroupait pour l’occasion, ce qui avait d’autant plus d’effet dans la petitesse d’une chapelle. Je l’ai vécu en France et en Inde, rien de mieux qu’une assemblée fervente pour ressaisir notre conviction religieuse, souvent « ramollies » dans notre quotidien. En ce qui me concerne je voulais faire de ce voyage une occasion de renouer avec la prière régulière et personnelle.
Le rapport des communautés à la foi serait difficile à concevoir en France : la révolution culturelle, les persécutions des Gardes Rouges ont donnés à ces catholiques une foi à toute épreuve. Ni le départ des prêtres, ni la rareté des messes, ni les violences exercées contre eux n’ont réussis à les ébranler. Comment rester impassible devant cette ferveur qui se veut vivante et qui traverse les générations ?
Pour revenir à cette urbanisation, cela semble bête, mais à bien y réfléchir c’est ce qui m’a conduit à réfléchir sur l’avenir de ces communautés visitées par les missionnaires MEP. Qu’adviendra-t-il des jeunes partant en ville et de leur foi, sans communauté pour les soutenir ?
La première moitié de ce circuit s’est entièrement déroulée dans la province du Yunnan, et une grande partie dans les vallées de la Saluen, du Mékong, et du Gyang-Tse. Accompagné de nos amis tibétains, nous avons vaincus des monts et des vallées. Les ascensions n’ont pas toujours été simples pour tout le monde, la rigueur du soleil chinois nous en a particulièrement fait baver. Mais quel bonheur, une fois arrivé au sommet des montagnes ou à leur pied, de contempler ce travail accompli.
L’apogée de ces ascensions fut sans doute la messe célébrée au sommet du col du Sila, cette fameuse « porte de la foi », voie traditionnelle des missionnaires vers la vallée de la Saluen. Comme a pu le dire le père Etienne, cette messe était un moment particulier, puisqu’accompagné des chrétiens chinois, nous contemplions aussi les fruits de leurs missions.
La descente de ce col marqua le « retour à la ville » de notre groupe, nous ne devions plus rencontrer de communautés chrétiennes comme celles que nous avons pu voir. Revenus dans le tumulte des cités chinoises, nous avions cette fois l’occasion de visiter les villes modernes et ses monuments « néostaliniens », et d’admirer les temples confucéens et monastères bouddhistes que l’on trouve dans plusieurs pays d’Asie.
Ce fut pourtant dans cette deuxième partie du voyage, sans doute moins « intéressante » humainement, que les membres du groupe ont pu partager véritablement sur leurs vies respectives, sans doute perçues avec un regard différent de celui qu’ils avaient en France. Ce fut l’occasion de revenir sur ce que nous avons vécu ensemble bien sûr, mais aussi le moyen d’en tirer de bonnes leçons de vie. A propos l’une des idées des pères a été de nous forcer à donner une leçon de vie au groupe, chaque soir, au cours du repas.
Ce voyage a été un apprentissage à tous points de vue. Le retour en France a été pour moi le véritable aboutissement de ce circuit, et non pas le départ de Chine. Je m’explique : j’ai perçu le retour en France comme une continuité de ce voyage puisque c’était ici que je devais appliquer ce que j’ai appris, et donner à d’autres ce que j’ai reçu.

 

Quelle conclusion tirer de ce circuit ?


Je ne suis pas revenu de Chine transformé ou transcendé, je dirais surtout que ce voyage m’a construit intérieurement. Le groupe et moi avons vécus des moments mémorables, la cohésion était ce qui nous unissait. Qu’il s’agisse de la prière en groupe, des voyages en cars, des chants, des visites, des moments de détente, chaque membre passait un moment agréable, porté par tous les autres membres.
Ce circuit-aventure m’a apporté plus que je n’ai pu donner, par les rencontres et les partages qui ont eu lieu, ainsi que les découvertes. Néanmoins si je devais critiquer, je dirais qu’il a manqué à ce voyage une dimension d’« aide ». Nous étions tous des garçons en bonne forme physique, cela m’aurait plu de pouvoir rendre quelques services aux villageois, en savoir un peu plus sur ce qu’ils vivaient au quotidien. Bien sûr j’ai conscience que cela serait difficile, qu’il s’agisse de la surveillance de la police, ou bien du refus des locaux.
Pour finir je persiste à croire que ce voyage restera surtout l’occasion d’être plus ancré dans ma foi : c’est dans les épreuves plus que dans la paix qu’il faut savoir trouver Dieu, par la prière et par nos actes.

Maximilien