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Bohdan Jacos, séminariste MEP

Georges Colomb : Tu viens de commencer le séminaire, peux tu nous dire quel était le cheminement qui t’a amené à cette décision ?

 

Bohdan Jacos : Cette décision découle des 3-4 dernières années de ma vie. Je me suis senti appelé dans mon cœur par le Christ à le suivre, mais sans savoir ou exactement. J’avais un désir de le connaître plus. J’ai commencé donc par faire des retraites spirituelles pendant mes vacances, et ensuite il y’a deux ans et demi, j’ai arrêté mon travail pour partir en volontariat en Asie avec les MEP pendant deux ans pour être au service de l’Eglise locale. Ces deux dernières années étaient comme un temps de discernement pour ma future orientation dans ma vie. A la fin du volontariat j’ai senti l’appel du Christ au sacerdoce. En réponse à cet appel je suis entré au séminaire. Les deux premières années me permettront de vérifier l’authenticité de cet appel de mon coté personnellement et aussi par l’Eglise qui doit le confirmer de son coté.

 

G.C. : Peux-tu nous en dire plus sur cet appel au sacerdoce, sur ta vocation ?

 

Bohdan JACOS : Ma vocation n’est pas de ces vocations qui naissent tôt dans l’enfance. Enfant je voulais être Arsène Lupin, ou Robin de Bois, mais surement pas prêtre. La question du sacerdoce est venue assez tardivement. J’avais 28 ou 29 ans quand j’ai commencé à me la poser sérieusement. Avant je m’étais posé la question comment suivre le Christ, comment vivre en bon chrétien, mais jamais la question de devenir prêtre. Tout ça est lié dans ma vie à une conversion, donc à une certaine rupture et ensuite à la volonté de découvrir le Christ, de m’unir à lui davantage dans ma vie. En cheminant ainsi, les pensées sur comment orienter ma vie ont ressurgies car j’ai commencé à ressentir l’appel au sacerdoce. Me marier ? Devenir prêtre ? Dieu, que veux-tu de moi ? Je voulais chercher la volonté de Dieu, et ne pas me décider sur la base des réflexions purement humaines. Et puis la réponse est venue pendant la prière : « J’ai besoin de toi.», et je l’ai suivi !

 

G.C. : Qu’espères-tu trouver en suivant cet appel ?

 

Bohdan JACOS : Qu’espère secrètement chaque être humain dans la vie? De trouver le Bonheur. J’espère trouver un bonheur intérieur à travers une aventure folle avec Dieu. Aujourd’hui, la vie pour moi est une aventure. L’aventure avec le Christ. Nous ne savons jamais d’avance qu’est ce que nous allons vivre le lendemain, mais on peut toujours découvrir plein des merveilles avec Dieu. La vie est courte. Comment donc faire pour ne pas la gaspiller ? Une vie sans Dieu peut nous amener à vivre dans la peur, à nous appuyer sur les petites « sécurités » de nos vies pour éviter l’inconnu… et finalement de « perdre » notre vie en pensant de la « garder ». J’ai misé sur le désir profond du cœur, celui de suivre le Christ, de le connaître davantage. Avec le Christ, on peut prendre le courage de vivre plus librement et trouver l’audace d’affronter le nouveau, l’inconnu. Oser le « fou » de la vie, comme le Christ d’ailleurs ou comme les premiers missionnaires qui étaient prêts à donner leur vie, et des fois à le donner jusqu’au martyre. Au moins je ne me reprocherai pas plus tard que je n’avais pas essayé de vivre mes rêves, de suivre l’appel profond de mon cœur.

 

G.C. : Pourquoi au tu choisi de rentrer au séminaire pour les MEP ?

 

Bohdan JACOS : Je ressens en moi le désir correspondant à la demande du Christ d’aimer tout le monde (et même nos ennemis). Confronté à l’évidence de l’incompréhension personnelle que on peut avoir d’autre, surtout quand il est d’une culture et d’une religion différente, ainsi qu’aux images souvent très caricaturales d’autrui, tels que présentés par les médias, j’ai compris que l’amour véritable passe par la connaissance d’autrui. Ce notamment pour ça que je suis parti 2 ans en Asie, pour connaître « l’autre », pour vivre avec les gens là-bas, car pour moi l’amour réel « d’autrui » passe par le partage, la connaissance, la compréhension et le respect mutuels. Ce désir d’aimer ceux « qui ne sont pas comme nous » cet appel à l’amour universel dépassant les frontières humaines est toujours présent en moi, redoublé de l’appel intérieur à la prêtrise. C’est pourquoi en pensant au sacerdoce j’ai choisi d’entrer au séminaire en vue d’intégrer la société des MEP.

 

Bohdan Jacos, aspirant MEP