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Homélie donnée aux jeunes prêtres M.E.P. à Bénarès, Inde

En fêtant sainte Catherine d’Alexandrie aujourd’hui, en fêtant les martyrs du Vietnam hier, en étant en communion avec nos frères chrétiens d’Irak et de Syrie terriblement éprouvés, persécutés, sans oublier ceux de Turquie, nous sommes invités à méditer sur le martyre.

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Homélie du mercredi 25 novembre 2015
Pour les jeunes missionnaires MEP réunis à Bénarès, Inde
Daniel 5, 1-6. 13-14. 16-17. 23-28
St Luc 21, 12-19

 

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En fêtant Ste Catherine d’Alexandrie aujourd’hui, en fêtant les martyrs du Vietnam hier, en étant en communion avec nos frères chrétiens d’Irak et de Syrie terriblement éprouvés, persécutés, sans oublier ceux de Turquie qui en 40 ans sont passés de 10% de la population turque à 1% et n’oublions pas tous les autres, y compris dans ce pays qui nous accueille, nous sommes invités à méditer sur le martyre.

Mot dont le sens très noble est galvaudé et bafoué par des fanatiques, des fous criminels qui commettent des opérations suicide en tuant avec eux de nombreuses personnes innocentes.
Le témoin, voilà la définition stricto sensu du martyr. Le témoignage du martyre (avec un e), quoi de plus beau que d’être les témoins du Christ et, chers confrères, nous le sommes par héritage, par tradition, par la foi qui nous a été transmise et que nous transmettons. La foi, ce trésor magnifique donné à des privilégiés ! oui je dis bien le mot « privilégié ». Ayons conscience que nous sommes des privilégiés car nous avons reçu la foi en Dieu, au Dieu de Jésus-Christ et tant d’autres placent leur confiance dans ces dieux d’or et d’argent qui étaient ceux du roi Balthazar !

Alors soyons fiers de notre foi et n’ayons pas peur d’assumer notre vocation de témoin du Christ !

Qui dit martyr dit tyran. Nous avons dans le livre de Daniel l’exemple du roi Balthazar, nous avons hélas de nombreux autres exemples et ils n’appartiennent pas tous au passé !
J’aime beaucoup, lorsque je parle de l’adoration, parler de la juste place de l’homme et de la place de Dieu que montre au monde le chrétien qui adore son Seigneur. Cette façon d’exprimer son amour et son respect pour Dieu en se mettant à genoux devant le Saint Sacrement met l’homme à sa place, met Dieu à sa place. Cette forme de prière montre au monde que seul Dieu est adorable, que lui seul mérite que l’homme se mette à genoux devant lui parce que lui, le Ressuscité, est mort sur la croix.


Adorer Dieu, c’est adorer la puissance d’amour divin montré à l’homme par le Fils de Dieu ; adorer Dieu, c’est dire à tous les tyrans du monde que leur place est d’être à genoux.

Recherchons le martyre, le témoignage, soyons ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre. Ne laissons pas prendre notre vie, donnons-la ! Nous connaissons les grandes interrogations des moines de Tibhirine. Parce que leur vie était donnée à une terre, à un peuple, et à Dieu, ils décidèrent en communauté d’affronter le pire, faisant de ce don un acte d’amour, car le martyre chrétien n’est pas une performance. « Chacun doit être prêt à confesser sa foi mais personne ne doit courir au-devant du martyre » disait St Cyprien.

Le Pape émérite Benoît XVI nous l’a rappelé : « Le martyre est exclusivement un acte d’amour envers Dieu et envers les hommes, y compris les persécuteurs. »
Cet amour peut s’accomplir dans le don physique de sa vie, il le peut aussi, et c’est le message central du christianisme, dans la vie quotidienne. A nous de savoir vivre ce martyre du quotidien qui est don de soi dans l’amour, le désintéressement, la dépossession de sa volonté que connaissent bien les prêtres, religieux, religieuses, comme les pères et les mères de famille.
 

père George Colomb, supérieur général