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Homèlie du dimanche de Pâques par le père François Hemelsdael

Aujourd’hui c’est Pâques ! La fête du grand passage : le jour où le Christ sort du tombeau, vainqueur de la mort ! Le jour de la victoire du Seigneur, de la victoire de l’amour sur la haine, de la vie sur la mort ! Pâque, le jour où Dieu nous ouvre un avenir, une espérance d’un jour meilleur, le jour où Dieu rend justice et ouvre son royaume ! Le jour où tout est possible !


Il peut arriver cependant que nous doutions sur la réalité de cette victoire, de cette résurrection, surtout en ces jours où la haine semble l’emporter, en ces jours où le terrorisme de masse frappe aveuglément des milliers d’innocents, où des populations entières e trouvent déplacées, jetées hors de leur pays, de leur famille, de leurs proches ; et pour nous-mêmes peut-être aussi sommes-nous atteints par la maladie, le chômage, des difficultés familiales, affectives ou professionnelles… Comme le chante le cantique, nous pouvons parfois légitimement nous demander : où donc est ta victoire ô Christ ressuscité ?
A l’occasion de la semaine sainte, je suis retourné en famille, que je n’avais pas revue depuis un moment, étant au Cambodge depuis maintenant une dizaine d’années. Mes parents habitent une petite ville d’une dizaine de milliers d’habitants, dans le Nord de la France (les Hauts de France), sans prétention aucune, avec une communauté chrétienne composée de quelques dizaines de chrétiens seulement, avec de moins en moins d’enfants catéchisés. Trois ou quatre clochers… Mais j’ai été plutôt agréablement surpris de constater qu’hier soir, quatre adultes recevaient le baptême. Il s’agit de quatre femmes, ayant chacune un itinéraire différent : une maman demandant le baptême à la suite de celui de son enfant d’une dizaine d’année, une autre convertie par son mari chrétien, une autre à la suite d’un pèlerinage, la dernière enfin ayant décidé de suivre le Christ à la suite d’un problème familial.
L’Esprit Saint travaille, et Dieu se sert de tout.
Je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec la situation de l’Eglise au Cambodge, et plus généralement dans les pays asiatiques où, nous les MEP, nous nous rendons : au Cambodge, aucun baptême d’enfants, mais 300 baptêmes d’adultes pour une petite Eglise de quelques dizaines de milliers de chrétiens, à Singapour, près de 1000 baptêmes d’adultes, à Hong Kong, cela se compte en plusieurs milliers… la plupart convertis par la façon de vivre des chrétiens et par les œuvres de miséricorde de l’Eglise. L’Eglise de France, en pleine mutation, se rapproche de cette situation, semble-t-il : on n’est plus chrétien par tradition, mais on le devient par choix, on n’est plus chrétien par héritage, mais par élection.
Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Pierre et Jean, alertés par Marie-Madeleine, courent au tombeau, et que constatent-ils ? Que les linges recouvrant le corps de Jésus sont « posés à plat », et que le suaire, qui avait entouré la tête de Jésus, est « roulé à part à sa place ». Et, à la vue de ce signe, il est écrit que l’apôtre Jean « crut ».
Le Christ ressuscité ne se donne pas à voir à tout le monde, il se donne seulement à tous ceux qui, comme Jean - à la vue des petits signes que le Seigneur nous donne chaque jour, tels que les baptisés adultes, tels que la façon de vivre des chrétiens, tels que l’Eglise et ses œuvres de miséricorde - ouvrent leur cœur avec bienveillance. Ne rêvons pas aujourd’hui d’un coup d’éclat grandiose du Seigneur. Le Seigneur aime trop les hommes pour ne pas respecter leur liberté. Simplement, le Seigneur nous donne des signes appelant notre liberté et notre réponse par la foi, agissant par la charité.
A toi qui manges et bois avec lui en cette Eucharistie, le Seigneur t’appelle aujourd’hui à être attentif aux signes de son amour dans ta vie, à faire silence dans le secret de ta chambre, à écouter sa Parole, et à relire les évènements de ta vie pour y discerner la présence amoureuse de Dieu,
A toi qui cherches à donner un sens à ta vie, le Christ ressuscité t’appelle à faire le bien autour de toi, à aimer sans cesse et toujours davantage encore, en actes, tes frères les hommes,
A toi qui crois déjà, le Seigneur t’appelle à devenir témoin de son amour et de sa présence vivante aujourd’hui parmi les hommes : comme Pierre, sors de ton tombeau, et pars jusqu’au bout du monde proclamer la Bonne Nouvelle du Salut : le Christ est ressuscité, oui, il est vraiment ressuscité, ALLELUIA ! ALLELUIA ! ALLELUIA !