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Homélie pour le vendredi saint du père François Hemelsdael

Hier soir je vous ai parlé de Ravi, un jeune cambodgien converti au christianisme grâce aux œuvres de miséricorde de l’Eglise. Ce soir, j’aimerais, à l’occasion du Vendredi Saint, vous parler de Sokna.


J’ai baptisé Sokna juste une semaine avant de rentrer en France, fin janvier. Aujourd’hui, elle est morte. La première fois que je l’ai rencontrée, c’était un mercredi soir, jour de la prière communautaire hebdomadaire. Un enfant nous avait demandé d’aller prier chez lui. Surpris, car une telle demande n’arrive pas souvent, nous décidons cependant de nous y rendre. Là, nous rencontrons sa mère, Sokna, allongée sur une natte, son mari lui donnant à manger, ses deux autres enfants à ses côtés.
Sokna est une jeune femme cambodgienne de 36 ans atteinte d’un cancer, sur le point de mourir. Elle nous dit qu’elle veut recevoir le baptême et devenir chrétienne. Son mari, assez à l’aise financièrement, l’emmène dans la capitale pour la soigner. Là, ils rencontrent un médecin coréen protestant qui fait tout pour la sauver, dépense beaucoup de temps et d’argent pour elle, et en même temps, lui parle de Jésus et de sa foi. Au fur et à mesure, Sokna ouvre son cœur et se convertit. Elle me dit que ce médecin coréen, c’est Jésus à ses côtés qui l’aime.
Revenue dans son village, Sokna n’est pas guérie, mais elle est déjà sauvée. Elle a pris Jésus comme soutien et comme ami. Grâce à sa foi, nous dit-elle, elle supporte la souffrance, et trouve la force de traverser cette terrible épreuve. Son mari quant à lui ne l’abandonne pas, et ses enfants viennent au catéchisme de notre paroisse.
Le jour de son baptême, Sokna rayonne de joie. Le parfum de sa joie et de sa force rejaillit sur toute la communauté.
En ce jour du Vendredi Saint, comment ne pas penser avec douleur aux terribles épreuves que traverse notre monde, et peut-être aussi beaucoup d’entre nous ? Attentats aveugles et terrorisme de masse, populations déplacées, chômage, accidents de la route, divorces, échecs scolaires… C’est peut-être aujourd’hui l’occasion, comme Sokna, de nous tourner vers Jésus, de regarder celui qui s’est fait proche de tous les hommes, sans exception, surtout de tous ceux qui souffrent, dans leur âme ou dans leur corps.
Aujourd’hui, Jésus est mort. Et par sa mort il nous rend la vie, il nous sauve comme il a sauvé Sokna. Crucifié, Jésus ne cesse de croire au Père qui l’aime. Humilié, Jésus ne cesse d’espérer en un avenir meilleur ; méprisé, il ne cesse pourtant d’aimer et de pardonner. La souffrance est un grand mystère, elle est absurde, incompréhensible ; toujours. Mais aujourd’hui, Jésus nous invite à croire que Dieu ne l’a pas voulue. Il nous invite à croire que Dieu a la puissance de tirer du bien d’un mal, comme il a « tiré » le salut du monde de la passion et de la croix de son Fils. Aujourd’hui, Jésus nous invite à chercher et à donner un sens à toutes nos souffrances. Aujourd’hui, Jésus nous montre comment être fils du Père : ne jamais cesser de croire, d’espérer et d’aimer malgré tout ce nous arrive !
Sokna, jeune cambodgienne convertie du bouddhisme, nous montre peut-être à nous tous que la foi est une force dans les difficultés. Combien de nos contemporains pourraient-ils peut-être surmonter leurs épreuves s‘ils avaient la foi comme Sokna ? Dans l’angoisse, dans les épreuves, pensons donc à Sokna, et rayonnons de joie, car nous savons, nous, que Dieu est avec nous et qu’il nous aime !