Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
Prêtres et missionnaires Prêtres et missionnaires
 
Document Actions

Messe avec les familles de missionnaires et de moines, en la fête de la dédicace de la chapelle des Missions Etrangères

Extraits de l'homélie donnée par le Père Georges Colomb pour la messe des familles de missionnaires, de moines et de moniales dans la chapelle des Missions Étrangères de Paris.
Le 14 novembre 2015, nous accueillions les séminaristes et leurs familles.

Jésus soulignait l’importance de la prière, et de la persévérance dans la prière de demande.
« Au cœur de l’Église je serai l’amour»

"Jésus dit encore une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager :"Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes." Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : « Rends-moi justice contre mon adversaire. » "

 

Longtemps il refusa ; puis il se dit : « Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m’ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête. » On ne peut pas se défaire de l’impression d’être comme impuissant face à nos demandes. Il faut nous résigner à ne pas savoir prier, et garder la pauvreté de cœur pour rester ouverts au don de l’Esprit Saint. Notre attente est de le rencontrer dans la pauvreté de notre cœur pour tenir dans la prière, et pour savoir reconnaître Jésus qui nous exauce. Si nous savons garder la pauvreté et l’humilité de cœur Jésus saura accueillir ce que nous souhaitons. Le pauvre de cœur sait que, s’il peut formuler quelques demandes, son Père qui est au Ciel a sur lui et sur tous les hommes un regard et un dessein d’Amour beaucoup plus beau, beaucoup plus grand que lui. Le pauvre de cœur présente donc inlassablement ses demandes, mais il reconnaît que mieux que lui le Seigneur désire le bien de tous ses frères les hommes.
…..
Jésus souligne l’importance de la prière, et de la persévérance dans la prière de demande. Si la veuve de l’évangile sait venir importuner le juge inique au point de le faire fléchir et d’obtenir satisfaction, combien plus notre prière d’intercession trouvera-t-elle dans le cœur de Dieu notre Père un accueil juste et favorable. Jésus nous promet que la prière tenace trouvera toujours satisfaction. Plus notre vie est en péril, plus il nous faut insister dans notre prière de demande, ce n’est pas le moment de « baisser les bras. » C’est toujours pour nous, le moment d’être vigilant dans notre combat pour la vie car Dieu transforme le monde et le fait progresser. Relisons le livre de la sagesse que la liturgie de ce jour nous invite à méditer :
Les dernières pages du Livre de la Sagesse sont consacrées à une réflexion sur les événements qui ont marqué l’exode du peuple hébreu et sa marche au désert…..

Le Passage de la mer Rouge ou la création recomposée par la puissance de Dieu

Le dernier chapitre du livre dont nous avons lu quelques versets aborde la traversée de la mer Rouge. La différence de situation des deux peuples (Israël, Egypte) est saisissante : « Ton peuple ferait alors l'expérience d'une traversée extraordinaire, eux, au contraire, trouveraient une mort étrange » (l 9,5). L'auteur revient, en insistant, sur l'idée déjà exprimée dans un chapitre précédent (16) selon laquelle la création se plie aux ordres du Créateur. Sg 19,6 que nous venons de lire parle même à ce propos de « remodelage ». ……..

La vie missionnaire, la vie monastique ne sont-elles pas remodelage, renouveau, changement radical dans une vie de chrétien ?

« Alors, du haut du ciel, venant de ton trône royal, Seigneur, ta Parole toute-puissante fondit en plein milieu de ce pays de détresse. » nous rappelle le livre de la Sagesse. Dieu veut que nous demeurions dans la vigilance de la prière afin que nous restions en harmonie avec lui comme pourraient le dire nos amis confucéens de Chine et d’autres pays et nous missionnaires nous pouvons nous rappeler que nous sommes des contemplatifs en action. Nos frères moines ne sont-ils pas des missionnaires en contemplation ? N’est-ce pas là le dénominateur commun à deux vocations dans l’Eglise qui exigent un choix radical ?
Demandons la grâce d’être ces « hommes de foi », vigilants dans la prière, confiants dans l’amour comme Marie. La prière fait de nous des hommes d’action et l’action suppose la prière si nous voulons qu’elle garde une marque divine. Notre rassemblement d’aujourd’hui est à ce titre très parlant !

Nous entendons souvent cette question : pourquoi partir en mission ? Vous, jeunes séminaristes MEP, vous êtes souvent interrogés à ce sujet ! Le Cardinal de Lubac dans on livre intitulé «Le Fondement théologique des missions» nous rappelle que l’œuvre missionnaire est la première des œuvres de l’Eglise. En effet, sans désir missionnaire, l’Eglise serait une secte. Nous sommes donc invités à méditer sur le mystère de l’Eglise et à vivre une catholicité en espérance ! Deux confrères M.E.P., martyrs en Arunachal Pradesh, les pères Krick et Bourry, nous ont tracé le chemin !
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions vient nous donner l’explication en nous disant : « au cœur de l’Eglise je serai l’amour», « je voudrais être missionnaire … jusqu’à la consommation des temps». Saint-Paul dans la deuxième lettre aux Corinthiens (2 CO 5) reprend ce thème et en fait disons le clairement : « c’est à cause de l’amour, ou plutôt grâce à l’amour que nous partons, nous missionnaires » et nos amis moines et moniales, c’est à cause de l’amour qu’ils restent et vivent dans une abbaye pour vivre le cœur à cœur avec Dieu seul dans le silence monastique.
Demandons cette grâce au Seigneur d’être, comme nous le disait le saint pape Jean-Paul II à Tor Vergata pour la clôture des JMJ de Rome en 2000, les sentinelles du matin dans la prière et dans l’action apostolique !