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Messe d'envoi en mission du P. Laurent Gatinois

Homélie prononcée en la chapelle des Missions Etrangères de Paris le samedi 18 juin.

Chapelle des Missions Etrangères de Paris
Messe d'envoi du père Laurent Gatinois, mep
Samedi 18 juin 2016


Mt 6, 24-34

 

Tu as entendu sa Parole et tu reconnaîtras encore sa voix.

Frères et soeurs,
1. Nous nous retrouvons ce soir pour un événement d'importance, qui marque la famille des Missions étrangères depuis ses origines : l'envoi en mission d'un missionnaire.

Ainsi donc, Laurent part vers le Vietnam. Il ne s'y rend pas de lui-même, il y est envoyé par l'Eglise pour y servir le Seigneur au coeur du peuple du Vietnam, de l'Eglise qui est présente et avec la Société des Missions Etrangères.

Pour ce faire, l'Evangile de ce jour nous donne des indications sur la conduite à tenir, tout au moins sur l'indispensable disposition intérieure à avoir : "ne vous faites pas tant de souci pour votre vie" !
Concentrez-vous sur l'essentiel : non pas votre vie, mais La Vie... et donc Celui qui est l'auteur de la vie.
Et nous venons de l'entendre, il y a un choix à faire : quel maître servir ? Dieu ou l'argent ?
Eloignons-nous des clichés et des idées toutes faites... car nous connaissons la réponse bien évidemment. Suivons le Christ qui nous conduit à nous interroger en nous rappelant "Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie !"
De quoi nous inquiétons-nous ? Nous inquiétons-nous de demain ? de ce que nous aurons ? des conditions d'exercice de notre ministère pastoral ?

C’est cela que Jésus nous dit dans l’Évangile, si nous avons vraiment foi en Dieu, si nous avons confiance en sa promesse, si nous sommes convaincu qu’il n’abandonne personne, pourquoi tant d’inquiétude ?

L'actualité nous montre quotidiennement les incertitudes qui habitent les coeurs, et cela se traduit de différentes manières. Certains s'égarent et vont jusqu'à la violence qui n'est jamais, et en aucun, cas la solution.
Peut-être connaîtrons-nous des temps plus durs, mais cela veut-il dire que tout est fini ?
Serons-nous dans l’échec si les résultats ne sont pas apparents ? Une relative prospérité peut-elle devenir le dieu de notre vie, au point d’y sacrifier tant de choses ? Y compris là où on ne s'y attendrait pas ! Tant de temps, d’amour, de relations ? En sacrifiant sa santé ? Bref, d’en faire le véritable maître de notre existence ?

Et pour aller plus loin, l'évangéliste affirme encore qu'« on ne peut pas servir deux maîtres » (Mt 6, 24). Ou bien on se détourne de l’un et on aime l’autre, ou bien on s’attache à l’un et on écarte l’autre. Mais il convient ici de se rappeler que dans notre foi, il n’y a qu’un seul Dieu que nous devons aimer et servir de tout notre cœur et de toutes nos forces.
Le reste, c’est le surcroît, c’est ce que nous donnent son amour et le fruit de notre travail.
On ne dénigre pas ce qui fait notre vie quotidienne, ce que nous gagnons pas notre travail ; la question est de savoir ce qu'il y a au centre de nos vies, au fonds de nos coeurs, ce qui est notre point d'équilibre : le Seigneur ou autre chose ?


2. En partant, Laurent, tu as fait le choix de la liberté intérieure, et cela interroge : il y a moins de prêtres en France, et le voilà qui s'en va !

Frères et soeurs, partir, ce n'est pas fuir la France, ni vouloir échapper à quelque chose. Pour un prêtre, partir c'est se mettre en route, c'est vivre l'itinérance, accompagner nos communautés et aller à la rencontre de celles et ceux qui ne connaissent pas le Christ en tenant compte de l'histoire.

Oui, partir en mission cela interroge ; serait-ce dépassé ? Tout dépend comment nous envisageons le projet missionnaire.
Comme le rappelait le Cardinal André Vingt-Trois, lors d'ordinations presbytérales, nous ne sommes pas prêtres à la manière du XIX° siècle . Cela vaut pour nous aussi, en effet lorsque nous sommes envoyés en mission, ce n'est pas pour faire revivre le passé. C'est bel et bien au coeur du monde, tel qu'il est aujourd'hui, que nous sommes envoyés. Et il s'agit alors bel et bien d'un projet actuel qui trouve tout son sens.

Laurent, tu seras accueilli dans ce beau pays qu'est le Vietnam, au coeur d'une Eglise bien vivante et nombreuse, représentée ici par les prêtres étudiants et nos confrères.

Ce que tu feras exactement, tu le découvriras au fur et à mesure lorsque avanceras là-bas et que le Seigneur te donnera des signes au travers des personnes, des événements et dans ta prière quotidienne.
Ce que sera ta mission, tu le découvriras également progressivement. Par contre, nous savons quel est le chemin : le Christ, et dans quel pays : le Vietnam.
Ton histoire de prêtre missionnaire ad vitam, ad extra et ad gentes sera à écrire avec les prêtres, les laïcs et les évêques du Vietnam, en lien avec nos confrères du groupe Cambodge.

Le voyage auquel tu t'apprêtes à prendre part te conduira sur des chemins inattendus. Tu as répondu à l'Appel du Seigneur : tu as entendu sa Parole et tu reconnaîtras encore sa voix.

Voilà ce qu'il y a de merveilleux : reconnaître la voix du Seigneur et entendre sa parole dans une autre culture, une autre langue.
Libre de toute contrainte, tu seras le plus heureux des hommes car ne te prêtant à aucune sorte de convenance, mais en étant au service du Seigneur au coeur du peuple du Vietnam.

3. Tout à l'heure, nous partirons en procession dans le jardin, jusqu'à l'oratoire dédié à la Vierge Marie. Là-bas, tu recevras une croix, signe de ta consécration et de ton envoi, signe de ton attachement au Christ.
Ce rite de l'envoi, la procession et la remise de la croix, ne consistent pas seulement à perpétuer une antique cérémonie. Mais il s'agit bel et bien de nous rappeler que nous avançons sur les chemins de la vie, à la suite du Seigneur, et que nous allons de l'avant.
Nous avançons, résolument confiant en Notre Seigneur, pour témoigner de l'espérance, de la foi et de la charité.


Frères et soeurs, à nous tous, l'envoi et le départ en mission de Laurent, nous rappellent
que le Maître que nous servons c'est le Seigneur ; que notre trésor, c'est l'Evangile ; que le royaume se révèle déjà dans la présence de celles et ceux qui nous sont donnés de rencontrer ; que ce qui assure notre communion avec le Seigneur, avec nos prédécesseurs et avec nos frères et soeurs, c'est la prière.

Pour cela, il faut un coeur libre de toute contrainte, prêt à se donner et à plonger dans la culture où nous sommes envoyés, quelque soit le lieu, au loin ou ici.

Cher Laurent, bon vent à toi !

Que ta vie de prêtre missionnaire soit remplie de bonheur et de créativité, au service de l'Evangile, en suivant le Christ, au coeur du peuple du Vietnam. Amen.

 


P. Gilles Reithinger
Supérieur général