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Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie

Ap 11,19. 12,1-6.10, 1Co 15, 20-26, Lc 1, 39-56

 Chers frères et sœurs,

 


En cette fête de l’Assomption, la première lecture (Ap 11,19. 12,1-6.10) vient nous montrer la femme en butte avec la violence et avec l’ennemi. C’est l’image de Marie et aussi celle de l’Eglise qui doit toujours relever le défi de l’adversité, de la violence du monde, et toujours lutter contre le Mal quelles que soient les réactions, sans se préoccuper ni des médias ni de l’audimètre. Le Christ dans la liturgie de ce jour est au centre de cette fête. Lui qui est la source et la lumière sans déclin, il nous attire à Lui. Il le fait en ce jour de fête, comme toujours, par Marie. Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens nous rappelle que c’est dans le Christ que nous revivrons. La fête de l’Assomption est vraiment le gage de cette vie éternelle. Ainsi, nous qui sommes des disciples sur cette terre, nous serons des vivants d’une manière indescriptible auprès de lui. Le Pape Pie XII dans la constitution apostolique sur l’Assomption en 1950 nous rappelle que Marie a triomphé de la mort et qu’à l’exemple de son fils unique Jésus-Christ, elle a été glorifiée. Le Pape cite les pères de l’Eglise Saint Jean Damascène et Saint Germain de Constantinople qui établissent un parallèle entre la nativité virginale et la mort sans corruption du corps de Marie, entre la mort sur la croix de Jésus et le glaive de douleur que Marie reçut lorsque Jésus fut cloué sur la croix, entre la résurrection du Seigneur et l’Assomption de Marie. Pie XII rappelle enfin que dès le IIème siècle de notre ère, les pères du désert nous présentent la Vierge Marie comme la nouvelle Eve soumise au nouvel Adam, étroitement unie à lui dans le combat contre l’ennemi. C’est pourquoi elle a obtenu d’être élevée corps et âme à la gloire suprême du ciel pour y resplendir en qualité de reine à la droite du Christ. Tel est le dogme de l’Eglise sur l’Assomption de Marie.

 

 

 

Alors, chers amis, chers frères et sœurs, quel sens revêt pour nous cette célébration de Marie en ce jour de Fête de l’Assomption ?

 

 

La fête de l’Assomption est une fête très ancienne bien antérieure à la constitution apostolique du pape Pie XII qui date de 1950 puisque le roi Louis XIII fit de Marie la protectrice de la France. Vous pourrez aussi voir le tableau qui se trouve dans la chapelle de la sainte Vierge dans notre Eglise de Saint-Anthème un moine présente notre village à Marie pour qu’il soit protégé. Bien souvent la piété populaire a recours à Marie. Nous pouvons le constater par les nombreux ex-voto de nos églises et chapelles, à Lourdes, au Puy-en-Velay où aujourd’hui même où nous fêtons le 150e anniversaire de l’érection de la statue de Notre-Dame de France. Nous pouvons le constater dans notre village de Saint-Anthème dans la chapelle de Notre-Dame de Bon-Rencontre où nous nous rendrons ce soir pour une procession. Le bon sens du peuple chrétien ne se trompe pas : Marie est la première glorifiée car elle a répondu à l’appel du Seigneur, à celui que lui adressa l’Ange Gabriel. Elle fut celle pour laquelle Joseph, dans une démarche de foi et avec une grande hauteur de vue, sous l’inspiration divine, dans un songe, après un combat intérieur, préféra la vie, l’aventure et l’amour pour Marie aux rites et aux conventions des anciens et de la loi juive. Marie est mère de l’Eglise et mère de liberté : elle entraîne sur ce chemin de vie Joseph son époux, elle nous entraîne nous aussi.

Marie est mère de la Mission et modèle des apôtres d’hier et d’aujourd’hui. Elle est le modèle pour chacun d’entre-nous. Elle ne se met pas en avant, elle n’occupe pas les premières places, elle est en retrait, elle montre le sauveur des hommes, elle nous dit comme à Cana « Faites ce qu’il vous dira » (Jn 2,5). Elle suggère et indique le chemin, elle médite les évènements dans son cœur, elle prend le temps de la prière avant de prendre des décisions.
Marie est mère de toutes les mères : elle cherche l’enfant Jésus lorsque sur le chemin du retour vers Nazareth, avec Joseph, elle s’aperçoit que l’enfant n’est pas avec eux. Ils retournent à Jérusalem et le retrouvent au Temple parlant avec les docteurs de la Loi. Elle est le modèle de l’amour maternel, un amour fait d’affection juste et proportionnée. Elle a le sens de son rôle et de sa vocation de mère, respectueuse du mystère de cet enfant de douze ans, comme doivent l’être toutes les mères pour leur enfant. En effet, chaque enfant vit un chemin de vocation humaine et chrétienne. Cette vocation est naissante et doit grandir dans la liberté et dans la sagesse que confèrent la méditation des écritures et la prière.

Marie est non seulement la mère de toutes les mères elle est aussi mère de fidélité. Au pied de la croix, elle est seule avec Saint Jean, elle qui sait tout. A elle dont le sein a porté la nature divine, la douleur de la mort de Jésus n’a pas été épargnée.

Marie est très aimée par le peuple chrétien et très aimée par les mères car ces dernières se retrouvent en elle : Marie a souffert comme elles, aimé comme elle, a été forte comme elles. Le peuple chrétien a recours à elle parce qu’elle est le pont entre la nouvelle et l’ancienne alliance, entre le ciel et la terre, entre les anges et les hommes, entre l’humiliation de la croix et la gloire de la résurrection. Oui, toutes les misères de l’homme trouvent en Marie un avenir, une solution. Toutes nos souffrances sont avec elle chemin vers un avenir meilleur, chemin d’une vie pleine, entière et donnée, d’une vie d’amour.

 

A la suite de Marie, lorsque nous ferons nous aussi des visites à nos amis, des « visitations » comme le fit Marie à sa cousine Elisabeth dans l’Evangile de ce jour, et bien, dans notre cœur, n’ayons pas peur de chanter et de méditer ce magnificat qui est sans doute la plus belle confession de foi, le plus beau des credo. Ce chant magnifique nous dit que l’amour de Dieu s’étend d’âge en âge sur les hommes et que les humbles sont élevés. Le Pape Benoît XVI dans la première encyclique de son pontificat ne s’y est pas trompé : il a intitulé cette encyclique « Dieu est amour ». Ainsi, après 2000 ans de christianisme, le Pape rappelle que Dieu est amour. En ce jour de fête de l’Assomption, prions pour toutes les femmes qui portent et qui donnent la vie, prions pour toutes les femmes afin que, par l’écoute et la méditation de la Parole de Dieu, elles trouvent la liberté de Marie, cette liberté qui est le propre des enfants fidèles et avisés de l’Eglise.

Bonne fête de l’Assomption à tous !